Eurosonic connaît la musique

Groningen est cette semaine le point de ralliement du monde musical européen.

Nicolas Capart
Eurosonic
©AFP

Depuis mercredi, l’Eurosonic bat son plein du côté de Groningen, aux Pays-Bas. La plus grande bourse aux showcases du Vieux Continent, qui souffle ses 30 bougies, demeure un rendez-vous incontournable pour les acteurs du marché des notes. Le premier et le plus important de l’année pour des professionnels du secteur musical de tous poils, tant ce qui s’y dira et s’y entendra donnera le ton des 365 jours qui suivront. Des milliers de musiciens, mais aussi managers, labels, bookers et programmateurs venus d’Europe convergent vers le grand nord hollandais depuis 1986, et plus de 3 000 délégations - dont 500 festivals internationaux - investissent quatre jours durant la cité estudiantine.

60 % de pros, 40 % de public

La rolls du genre est le SXSW (South by Southwest). Une manifestation gargantuesque qui fait battre en cadence le cœur d’Austin au Texas depuis 1987. Le plus jeune mais déjà incontournable festival The Great Escape à Brighton constitue, toutes proportions gardées, son pendant en Angleterre. En France, un événement comme les Rencontres TransMusicales de Rennes présentent un profil similaire. Enfin, notre plat pays dispose aussi de son marché aux showcases, puisque le Glimps y est organisé en décembre à Gand depuis 2011.

Si ce genre d’événement est donc majoritairement un lieu de rendez-vous pour ceux qui font la musique, il s’ouvre aussi à ceux qui ne font que l’écouter. A l’Eurosonic, la proportion est de 60 % de pros, 40 % de public. Au total, plus de 41 000 visiteurs ont arpenté les rues glaciales de Groningen lors de la dernière édition. Un record en passe d’être battu puisque les organisateurs annonçaient, avant même son coup d’envoi, un cru-anniversaire à guichets fermés cette année. D’autant que la présence de l’exposition "David Bowie is…" au musée de la ville, prévue de longue date, devrait elle aussi doper l’affluence.

Une délégation de 26 groupes belges

Au volet concerts, la plate-forme musicale a sélectionné, avec le soin qu’on lui connaît, 349 groupes et artistes européens parmi les milliers de candidatures qui lui ont été soumises. Parmi ces projets se trouvent probablement ceux qui demain feront l’actualité. Reste à les distinguer. L’an dernier nos coups de cœur étaient suisses (Klaus Johann Grobe, Puts Marie), ils pourraient cette fois s’avérer espagnols, italiens ou français.

Chaque édition, une attention particulière se porte sur une délégation nationale. Après le coup de projecteur offert à l’Islande en 2015, un focus pluriel met treize pays d’Europe centrale et de l’Est (CEE) à l’honneur, dont la Hongrie, la République tchèque, la Pologne, la Lituanie ou encore la Serbie. Notre Belgique est bien présente elle aussi, forte d’une grosse délégation de 26 groupes.

Le festival Eurosonic est donc un point de ralliement, d’échange, de réseautage, de découvertes. Il est enfin un think tank, lieu de réflexion et d’information.

A l’Oosterpoort, centre névralgique de cette impressionnante mécanique, sont dispensées de multiples conférences où l’on discute l’avenir de la musique. Plus de 150 débats, interviews et ateliers y sont organisés sur les dernières évolutions du marché international, des médias, de la production et des industries créatives. On y aborde des questions comme la place et le rôle des femmes dans le secteur, les enjeux du sponsoring, les missions du management, la question de la sécurité ou encore celle des supports et des conséquences du streaming.

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