Concours Reine Elisabeth: Nathanael Gouin, en mode turbo

Il n’est pas belge mais « apparenté » à la Belgique en tant qu’artiste en perfectionnement à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth : le Français Nathanael Gouin, 28 ans, s’est présenté jeudi après-midi et n’a laissé personne indifférent.

Nathanael Gouin
©Cler
MDM

Il n’est pas belge mais « apparenté » à la Belgique en tant qu’artiste en perfectionnement à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth : le Français Nathanael Gouin, 28 ans, s’est présenté jeudi après-midi et n’a laissé personne indifférent.

Précédé d’un (très) long silence, le prélude de Bach (BWV 875) est soudain lancé à toute allure, créant un sentiment d'insécurité qui s’estompe au fur et à mesure que le temps s’écoule et que la musique s’épanouit. La fugue, qui intervient dans un climat rasséréné, est solide, dynamique, bâtie sur des dialogues contrapuntiques très réussis. Sur cette lancée, la sonate de Haydn, qui sonne « nerveux », dans le bon sens du terme, est menée avec vivacité et humour, avec beaucoup de style aussi. 

Le jeu de Nathanael est clair et énergique, et annonce des réserves de puissance. Il surprendra le public avec une étude op. 10/8 de Chopin d’une formidable organicité, dans le geste et dans le résultat sonore, comme pétrie sur le clavier par des mains mouvantes et ramassées. On découvre peu à peu une technique d'enfer et une forte personnalité. Debussy le confirme, abordé dans une atmosphère mystérieuse, et inquiétante, avec ses petits grondements dans les basses, ses appels impérieux et, plus loin, ses arpèges apaisés, offrant un monodrame prenant, très étranger à l'idée d'une "étude". 

Prokofiev, enfin, court comme un perpetuum mobile lancinant et rude, dont les exigences iront croissant, requérant du jeune Français de tout donner. Tout ? Parions qu'il lui en reste encore sous le capot... On espère le réentendre.




Sur le même sujet