Iggy Pop, formidablement entouré par Josh et ses amis

Dans la foulée de la sortie du magistral “Post Pop Depression”, en mars dernier, Iggy Pop s’est d’emblée lancé dans une tournée. Compte-rendu de son concert à Amsterdam.

Marie-Anne Georges à Amsterdam
Iggy Pop, formidablement entouré par Josh et ses amis
©DR

Dans la foulée de la sortie du magistral “Post Pop Depression”, en mars dernier, Iggy Pop s’est d’emblée lancé dans une tournée. Pas seul, mais flanqué des remarquables musiciens qui officient sur sa 17e galette – Josh Homme (Queen of the Stone Age et Eagle of Death Metal) guitariste et orchestrateur de cette renaissance, Dean Fertita (The Dead Weather et QOTSA) à la guitare ainsi que Matt Helders (Arctic Monkeys) à la batterie. Complétés par Troy Van Leeuwen (QOTSA) aux claviers et, ponctuellement 4e guitare (!) et Matt Sweeney à la basse pour le live. Mardi soir, la Heineken Music Hall d’Amsterdam est en configuration assise (3500 places), même si les spectateurs seront debouts avant même l’entrée de l’icône.

“Post Pop Depression” s'inscrivant dans la lignée des folles heures berlinoises, il était logique – et heureux – qu’aux côtés de la quasi intégralité de cet opus, on retrouve des morceaux tirés de “Lust for Life” et “The Idiot”, coréalisés en 1977 par le génial Bowie.

Déboulant du fond de la scène, gesticulant déjà en tous sens, Iggy Pop entame d’ailleurs son set avec le fameux “Lust for Life”. L’homme qui vient de fêter ses 69 printemps est en forme – même s’il vaut mieux le voir sauter que marcher – fichu problème à la hanche qui le voit boîter. Celui que tout le monde surnomme l’Iguane mue très rapidement, tombe le veston pour se retrouver torse nu et ce, alors que sa bande, encostumée, rivalise de classe (ah, la pochette rouge de Josh). Quelques morceaux plus loin, sur le bien-nommé “Funtime”, il s’amuse à se lancer dans le public avant de détacher sa ceinture et de tomber le pantalon à mi-genoux. Mouais. Mêmes réserves concernant ses fuck à tout bout de champ.

On préfère s’en tenir à l’incroyable alchimie qui unit les musiciens sur scène. Et même si certaines subtilités présentes sur “Post pop Depression” ne sont pas rendues en live (cuivres, cordes et chœurs), il y a d’autres moments à apprécier. Ceux qui voient Josh, Dean, Matt et Troy s’avancer en front de guitares sur le devant de la scène. Impayable “Sunday”, que Iggy recontextualise, fustigeant la pression du travail et de l’économie. Régulièrement, il introduit ses titres avec à-propos, suscitant aussi l’hilarité du public. Riffs en spirales gémissants sur “Nighclubbing” le temps que le rockeur crooner s’installe sur un tabouret de bar. Avec des cordes de guitares si aiguisées, on s’étonne de ne pas voir les doigts de Josh et ses acolytes ensanglantés. La voix de baryton d’Iggy est particulièrement bien mise en valeur sur les morceaux de “Post Pop Production” quand “The Passenger” ou “China Girl” ravivent fatalement des souvenirs pour une partie du public aux visages parcheminés mais pas que... “Gardenia”, “China Girl” : autant de titres convoquant la mémoire d’ex. En rappel, le temps d’un “Fall in love with me”, Iggy part peut-être à la recherche d’une dulcinée, frayant dans la foule, en effectuant le tour du périmètre du rez-de-chaussée.

Particulièrement bien entouré, l’ancien chanteur des Stooges a livré une prestation mémorable à Amsterdam. Il ne devrait, hélas pas, être accompagné par les mêmes quand il passera début juillet en nos contrées.