Les Ardentes : les tops et flops de la première journée

C'est sous une belle drache nationale qu'a commencé la grand-messe liégeoise des Ardentes. Avec un nouveau site à découvrir, avant l'arrivée du Duc de Boulogne.

Nicolas Capart

C'est sous une belle drache nationale qu'a commencé la grand-messe liégeoise des Ardentes. Avec un nouveau site à découvrir, avant l'arrivée du Duc de Boulogne.

- Le nouveau site

En cette douzième édition, le site du festival liégeois a quelque peu changé de visage. Fini les salles obscures et bétonnées des halles des foires – qui avaient leur charme et que l'on regrettera. Désormais tout se joue en plein air. Une première qui a du faire suer à grosses gouttes nos gentils organisateurs, quand, aux alentours de 14h, un vrai déluge s'est abattu sur les Ardentes. Au rayon nouveautés, accueillons donc la Wallifornia Beach, toute nouvelle scène isolée au fin fond. Si quelques artistes de renom tout au long du week-end s'y succéderont, l'endroit a des faux airs de terrain vague et pose un peu question. D'autant que les festivaliers, en premier à leur arrivée, le rencontreront.

- Mais que fait la police ?

Police
©Nicolas Capart

Elle occupe le terrain. Les équipes de sécurité aussi. Couteau entre les dents et walkie-talkie à la ceinture. Certes, nous sommes au courant des dernières nouvelles de la planète festivals, des problèmes de harcèlement et des sempiternels soucis liés aux stupéfiants… Mais là, c'est un peu oppressant. Pour la première fois en une grosse décennie à parcourir les lieux de notes estivales, nous avons vu des policiers investir l'intérieur de l'enceinte d'un festival. Une mesure forcément imposée à l'équipe des Ardentes. On adore la sécurité, mais voir des chiens pister et renifler les festivaliers dans les allées, c'est inédit, ça crispe et ça provoque de l'électricité. Les Ardentes est un festival bon enfant, et l'a toujours été.

+ Young Thug

L'an dernier l'ami Young Thug avait fallacieusement déclaré forfait. Cette année, de pied ferme on l'attendait. Avec toutes les pincettes que requiert ce genre de projet. Car oui, comme tous les grands rappeurs américains (et celui-ci n'est pas des moindres) le gaillard allait probablement arriver en retard (rien de scandaleux cependant), rapper sur une bande (ils le font tous, va falloir arrêter de se plaindre de ça) et avoir gentiment l'air d'en avoir rien à cirer (OK, c'est vrai). Pourtant, après une prestation sympathique mais pas mémorable du néanmoins très intéressant Lomepal, l'arrivée d'un cador de ce genre nous a comblés. Et c'est avec un plaisir non-feint que nous avons repris en chœur – avec une foule assez déchaînée malgré l'heure – tous les hits du sieur Jeffrey, de "Power" à "Can't Tell" en passant par "Wyclef Jean", celles du nouveau et de l'ancien testament.

Young Thug
©N.Cap


+ Ardentes et éclectiques​

Depuis deux ou trois éditions, on entend à l'envi les habitués du festival liégeois se plaindre du virage hip hop de la programmation. Depuis 2015, en bord de Meuse, les rappeurs sont légion en effet, et les venues de Young Thug, Gucci Mane et Booba en file indienne ce jeudi soir sur la grande scène ne faisaient que le confirmer. Pourtant, l'éclectisme était de mise en cette première après-midi. Lomepal d'abord, dernier rappeur français sur le point d'exploser, fort d'un tout récent premier album – "Flip" – et de quelques tubes en puissance ("Palpal", "Pommade", etc.), mais auteur d'une prestation en demi-teinte sous un soleil certes pesant. La clique de Trombone Shorty ensuite, avec laquelle nous quittions le hip hop pour swinguer façon New-Orleans. Une belle fête de groove et de cuivres, jusqu'à "l'accident" que fut cette reprise effrayante des Red Hot Chili Peppers. Enfin, juste avant de retourner dans le jardin des rimes, J.Bernardt, échappé pour un temps de Balthazar, déroulait essuie sur la tête les morceaux teintés de pop et d'électro de son disque solo ("Running Days").

J. Bernardt
©N.Cap