L'adieu aux larmes à Johnny

L’émotion était au rendez-vous lors de l’hommage populaire rendu à l’idole des jeunes.

Benjamin Masse

L’émotion était au rendez-vous lors de l’hommage populaire rendu à l’idole des jeunes.

Emmanuel Macron avait appelé à un « hommage populaire » à Johnny Hallyday, en ce samedi 9 décembre. Et le peuple a répondu présent, vibrant d’une seule voix et d’une seule émotion au passage de la dépouille du chanteur dans les rues de Paris. Des dizaines de milliers de personnes avaient répondu présents, sur les Champs Elysées, à la Concorde, aux abords de l’église de la Madeleine, ou s’est déroulée une cérémonie religieuse vers 13H00.

De nombreux fans étaient arrivés tôt le matin – certains mêmes la veille au soir – malgré le froid polaire qui régnait sur la capitale. Signe du destin, après des jours de grisaille, soleil et ciel bleu ont régné durant tout cet hommage.

Parti du funérarium du Mont-Valérien (Hauts-de-Seine), le convoi funéraire et son corbillard ont descendu les Champs-Elysées peu après midi, escorté par les motards de la police nationale, lui-même suivi par plusieurs centaines de bikers. En attendant l’arrivée du convoi, sur le parvis de la Madeleine, les musiciens de Johnny – Yarol Poupaud, Maxim Nucci, le pianiste Alain Nanty…- jouent quelques uns des grands morceaux du chanteur : Ma gueule, Marie, Quelque chose de Tennessee, Allumer le feu…Un moment de partage avec le public, qui vibre à l’unisson. A quelques mètres de là, devant la mythique salle de l’Olympia, les fameuses lettres rouges affichent le nom de Johnny Hallyday. De nombreux fans immortalisent le moment à coups de « selfies ».


Au fur et à mesure de l’avancée de la matinée, personnalités politiques et célébrités arrivent à l’Eglise de la Madeleine : les chanteurs Thomas Dutronc et Eddy Mitchell, la journaliste Laurence Ferrari, les animateurs Nagui et Michel Drucker, les comédiens Gilles Lellouche, Sandrine Kiberlain, Marion Cotillard, accompagnée de son compagnon Guillaume Canet. Arrivent également les politiques, et notamment les chefs d’Etat anciens et actuels, Nicolas Sarkozy accompagné de Carla Bruni, François Hollande avec Julie Gayet, enfin Emmanuel Macron et son épouse Brigitte. David Halliday et Laura Smet, deux des enfants du chanteur, attendent le cercueil sur le parvis, main dans la main. Laeticia, la dernière épouse du chanteur, parcourt à pied les derniers mètres, derrière le corbillard transportant la dépouille de Johnny. Les membres de la famille partagent une dernière accolade, avant que le cercueil blanc du chanteur ne soit transporté à l’intérieur de l’Eglise.


Avant que ne débute la cérémonie, Emmanuel Macron, accueilli d’abord par quelques sifflets, prend brièvement la parole – sur le parvis et non à l’intérieur de l’Eglise, respect de la laïcité oblige. « Que ce jeune belge décidant de prendre un nom de scène anglo-saxon soit allé chercher très loin le blues de l’âme noire américaine, le rock’n’roll de Nashville pour le faire aimer aux quatre coins du pays était hautement improbable, a lancé le président de la République. Et pourtant, c’est un destin français. »


Puis la messe commence, retransmise sur écran géant depuis l’extérieur. Proches et personnalités s’expriment, évoquant la mémoire du chanteur ou déclamant des textes : Daniel Rondeau, Carole Bouquet, Patrick Bruel, Jean Reno, Line Renaud. L’intervention de Marion Cotillard, lisant une lettre de Saint Paul aux Corinthiens, suscite une émotion particulière : « L’amour supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » Entre les interventions des proches – et l’homélie de Monseigneur Benoist de Sinety – les musiciens jouent à nouveau des titres de l’idole des jeunes. Certains invités se lèvent, et applaudissent en rythme « Retiens la nuit » « Toute la musique que j’aime ».

Puis les proches se recueillent une ultime fois sur le cercueil, avant qu’il ne quitte l’Eglise de la Madeleine, peu après 15H00. A l’extérieur, dans une dernière communion, la foule entonne finalement « Que je t’aime », avant de quitter peu à peu les lieux. La grisaille peut retomber sur Paris.