Tukan, la révélation jazz à découvrir ce week-end à la Fête de la Musique

Le groupe bruxellois se produira à quatre reprises, dans toute la francophonie, pour la Fête de la Musique.

Tukan, la révélation jazz à découvrir ce week-end à la Fête de la Musique

Jamais la Fête de la Musique n’a semblé aussi bien nommée. Après un an et demi de cours accélérés en virologie, des mois de confinement, et l’absence criminelle de musique "live", les affaires reprennent. Du 18 au 21 juin, des dizaines de groupes se produiront aux quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour inaugurer cette "nouvelle vie". Un petit exploit, quand on sait à quel point la situation sanitaire s’est débloquée sur le tard.

Comme le veut la procédure, 200 personnes seront autorisées - et assises - en intérieur, 400 personnes en extérieur avec port du masque et distanciation. C’est peu, mais c’est déjà ça, et les spectateurs sont invités à réserver systématiquement leurs places à l’avance via le site de l’événement. Concernant la programmation, difficile d’être exhaustif vu le nombre de concerts proposés dans les six provinces concernées. Notons la présence de Charles, Noé Preszow, Nicolas Michaux, Saule, Françoiz Breut, La Jungle, Claire Laffut et Glass Museum à Bruxelles. The Brums, Juicy, Lubiana, Annabel Lee, Elvis Black Stars, Glauque, Yellowstraps et bien d’autres tourneront un peu partout en Wallonie.

Pour les groupes, une libération

Inutile de rappeler l’importance d’un tel événement pour les artistes francophones, privés de scène, public et revenus pendant bien longtemps. Les jeunes groupes, eux, ont dû ronger leur frein et attendre gentiment que se présente, enfin, cette première opportunité. "À la base, déjà, une première tournée est déjà compliquée à organiser" estime Nathan Van Brande, bassiste de Tukan, quatuor électro-jazz ô combien prometteur et récent lauréat du Concours-Circuit. "Les programmateurs ne connaissent pas encore le projet, et le Covid a évidemment tout compliqué." La concurrence est rude, les "grosses dates" tombent faute de festivals, et la moindre apparition est une bénédiction. "Normalement, nous aurions dû jouer au festival de Dour" poursuit le musicien bruxellois. "D’autres dates importantes étaient prévues, mais tout cela est reporté à 2022. Alors on se concentre sur de plus petites formules, on commence en douceur".

Dans un monde où les jeunes pousses sont propulsées sur de grandes scènes à la vitesse de l’éclair, on se dit que, finalement, ce retour forcé à une éclosion scénique progressive n’est pas forcément un mal. La pression qui entoure une première date en festival peut se révéler intense, porter un groupe comme le détruire, s’il se retrouve trop vite, trop haut. "C’est vrai qu’on ne peut faire un festival comme Dour qu’un an sur deux" concède Nathan Van Brande. "L’année prochaine, ce sera mieux. Nous aurons un plus grand répertoire, une bonne expérience live, et puis on jouera sans doute plus tard dans la journée. Pour nous, avec le light show que nous avons mis en place, c’est super important. On préfère clairement jouer la nuit."

Tukan, c’est la fusion totale du jazz et de la musique électronique. Le courant est porteur, Echt, The Brums, Black Flower et d’autres brillantes formations nationales ont largement ouvert la voie. Mais les quatre Bruxellois, formés à Anvers pour la plupart, poussent le bouchon un cran plus loin sur un premier EP éponyme extrêmement dansant, dont la sortie est prévue ce vendredi. "On aime l’énergie, voir les gens danser lors de nos concerts, ce moment de communion, de rassemblement. Rien n’est planifié ou anticipé, nous sommes naturellement allés vers la musique électronique, mais avec des instruments analogiques : une basse, une batterie, une guitare, des synthés."

Particulièrement réussis, ces quatre premiers morceaux auraient dû s’affiner sur scène. Covid oblige, ils ont eu l’avantage du temps, et d’une production plus léchée en studio. "Faute d’autres possibilités, on s’est remis à travailler" poursuit le jazzman. "On a peaufiné chaque détail, bossé beaucoup plus en profondeur, pour arriver avec un album bien ficelé." Là aussi, le virus a tout chamboulé : impossible de sortir un vinyl en temps voulu, les usines de production sont totalement surmenées. Tukan sortira d’abord en version digitale, puis sur vinyle, et un album est déjà en préparation pour le printemps 2022.

D’ici là, le groupe tournera, sans relâche, saisissant chaque occasion de rôder le set d’une bonne heure qu’ils ont préparé. Outre la release party sold out annoncée au Volta ce mercredi soir, Tukan se produira les 18,19 et 21 juin à Marche, Charleroi et Bruxelles. Pour eux comme pour nous, cette Fête de la Musique tombe vraiment bien.

Fête de la musique : du 18 au 21 juin dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. Infos et réservations : www.fêtedelamusique.be

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