Et Werchter inaugura la saison 2021 des festivals

Balthazar a donné l'un des premiers concerts en festival de l’été, devant 2500 spectateurs, ce jeudi.

V. Dau

Impossible, en temps normal, d’arriver en voiture jusque dans le centre du village lorsque le festival a pris ses quartiers. Les Stewards vous envoient vous garer à 200 km après avoir fait trois fois le tour du Brabant flamand, le panneau “Werchter” lui-même est masqué par d’immenses bars où s’abreuvent des dizaines de milliers de festivaliers assoiffés de bière et de concerts, et cette petite bourgade assoupie disparaît littéralement sous les fritkots et les tentes.

Ce jeudi 1er juillet 2021, annus horribilis oblige, on circule tranquillement. Pas de file, embouteillages ni mouvements de foule. Même le parking de la boucherie “Marc en Lili”, généralement bondé car stratégiquement situé, reste désert. On se demande donc un instant si on n’a pas fini par dépasser la plaine mythique de Rock Werchter, si tout n’a pas été soudainement annulé, quand apparaissent, enfin, les premiers groupes de festivaliers. Frémissement, émotion. En quelques secondes, on retombe dans cette ambiance joyeuse de fête et de liberté, et l’on réalise soudainement à quel point tout cela nous a manqué.

Et Werchter inaugura la saison 2021 des festivals
©JL Flemal


Quelles centaines de mètres plus loin, on devine la structure de ce Werchter Parklife, petit cousin assis et distancié de l’illustre Rock Werchter, conçu pour accueillir quotidiennement 2500 spectateurs durant tout le mois de juillet. Drillée, après l’édition 2020, l’organisation s’est donné beaucoup de mal pour créer une ambiance feutrée, au beau milieu d’un espace gigantesque. Le site est totalement fermé par des gradins aux allures d’amphithéâtre, la scène est tout à fait respectable, et deux beaux écrans assurent une bonne visibilité à la foule répartie par bulles et tables.

Et Werchter inaugura la saison 2021 des festivals
©JL Flemal


Service aux sièges, pas question d’aller fraterniser au bar, alors l’ensemble paraît un rien trop sage. Les premiers festivaliers de la saison contemplent les nuages et résistent au vent en descendant avec entrain de grandes bières. Tout ce petit monde rigole gentiment, quand arrive finalement la star du jour.

Balthazar tout en groove

La Flandre a l’immense avantage de pouvoir compter une belle brochette de gloires régionales. Pendant un mois, l’affiche sera donc 100 % flamande à raison de deux groupes par jour. Et Werchter s’est offert le luxe d’ouvrir cette édition 2021 avec Balthazar. À 14h55 précises, Jinte, Maarten et leurs trois musiciens montent tranquillement sur scène. Applaudissements polis, engouement modéré, le public doit se réadapter. Les deux Gantois aux coeurs perpétuellement brisé ne sont pas les gentlemen les plus communicatifs de la terre non plus, mais leur musique parle pour eux. Sand, petit dernier sorti un peu plus d’un an après Fever, est un bijou de groove décontracté. Des dizaines de jeunes demoiselles sont debout (dans leur petit espace, rassurez-vous) dès que retentit la première note. Les Duvel se multipliant, d’autres spectateurs dansent vigoureusement dans la foulée, et l’ambiance se détend. Rien à faire, l’espace crée de la distance (c’est le but nous direz-vous), mais quelques tables finissent gentiment par trinquer furtivement.

Et Werchter inaugura la saison 2021 des festivals
©JL Flemal


Jinte Deprez, lui, se plante dans l’introduction de “On A Roll”. Le groupe, aussi, doit se réadapter. On le sent pro, concentré, un rien trop fermé. Par chance, ce dernier album de Balthazar est plus dansant que les précédents. “Linger On” vaut quelques mains en l’air et de langoureux déhanchés, rappelant à tout le monde à quel point une chose a particulièrement manqué : danser. Un beat et une bonne ligne de basse ont raison des derniers timides, l’assistance est debout. Il fait franchement glacial sur le coup de 15h40, signe que le sort s’acharne un rien sur les valeureux organisateurs de festivals, mais le public garde valeureusement sa position. Aucun spectateur ne renonce à ce plaisir trop longtemps interdit, quitte à mourir frigorifié. “Fever” finit par tomber à point nommer, et clôture en folie ce premier show de l’été. Vivement la suite, vivement le mois d’août, et la reprise de la fête en toute sécurité.

Et Werchter inaugura la saison 2021 des festivals
©JL Flemal


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