Les inquiétudes de Couleur Café après l'annonce du festival bruxellois Arena5

L’annonce de la création de ce nouvel événement musical a levé de nombreuses questions du côté des organisateurs de festivals, en particulier parmi ceux de Couleur Café.

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© Didier bauweraerts

Chez son directeur, Patrick Wallens, l’installation de ce nouveau rendez-vous suscite des inquiétudes sur le long terme. Il souligne le manque de transparence et de concertation. C’est d’ailleurs par les médias que le festival bruxellois actif depuis 30 ans a appris qu’Arena5 allait s’installer sur le plateau du Heysel et prévoyait la création d’une deuxième scène dans le parc d’Osseghem, site que Couleur Café occupe depuis trois ans. Le directeur souhaiterait une certaine exclusivité de ce terrain, du moins pendant les dates de leur festival qui se déroule fin juin.

Au-delà du lieu, les organisateurs craignent que cette nouvelle scène ne vienne empiéter sur ses parts de marché en mettant en avant une programmation similaire. Arena5 s’est en effet associé aux Ardentes, spécialisés dans les musiques urbaines.

Pour un projet complémentaire

Couleur Café pointe aussi du doigt le choix de collaborer avec un festival liégeois. "Si on prend la situation inverse, soit la ville de Liège qui demande à Couleur Café de s’installer sur le site des Ardentes, on crierait tout de suite au scandale, juge Patrick Wallens. La ville de Bruxelles s’est aussi associée à des partenaires privés comme Green House Talent, qui a accès à des grands artistes anglo-saxons et le groupe Fimalac, derrière les Ardentes, qui est un grand holding français. On trouve ça étrange qu’un bourgmestre s’associe avec des privés pour faire des événements." Avec des moyens financiers plus importants que Couleur Café, ces partenaires pourraient également faire venir des plus grands noms internationaux. Si, pour le moment, Arena5 se limite à un concert par soirée, Couleur Café craint que l’événement ne se métamorphose en festival à l’avenir.

"On connaît les désirs de Philippe Close d’organiser des grands événements et ses rêves d’un grand festival à Bruxelles. Il a voulu le faire avec le Brussels Summer Festival mais il n’arrive pas à la hauteur de ses ambitions. La formule du BSF va d’ailleurs être revue l’année prochaine, avec une version réduite et pluridisciplinaire, indique le directeur. On tire la sonnette d’alarme pour dire, de grâce, à la Ville de Bruxelles et Philippe Close, n’allez pas créer une concurrence déloyale, mais faites plutôt un projet complémentaire à ce qui existe déjà à Bruxelles de manière générale."

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