Le DJ Diplo rêve d’un disque avec Stromae

Machine à tubes, le DJ travaille avec Snake, Madonna et Aya Nakamura.

Le DJ Diplo rêve d’un disque avec Stromae
© D.R.
AFP

Aya Nakamura est "unique", une "reine" dans son domaine, confie Diplo, machine à tubes qui a collaboré avec la chanteuse à succès et rêve toujours d’un disque avec Stromae.

Le clip de "C'est cuit", avec Aya Nakamura et Major Lazer (trio dont Diplo est le cerveau), est sorti ce jeudi. "Je voulais travailler avec elle depuis longtemps, elle est unique, c'est la reine de ce mélange de sons, un peu d'Afrique de l'Ouest, un peu caribéen aussi, un peu zouk, un peu dancehall, un peu afro-pop", expose à l'AFP le DJ-producteur américain en visio depuis son studio de Malibu (Californie).

"J'étais sûr qu'elle collerait avec le style et l'attitude de Major Lazer", poursuit le quadragénaire athlétique. Toujours à l'affût, ce n'est pas la première fois que ce globe-trotter repère un artiste français ou francophone.

Diplo a déjà travaillé avec le Parisien DJ Snake (le carton "Lean on") et voudrait toujours "faire un disque avec Stromae". Ils se connaissent, puisque le Belge avait rejoint Major Lazer sur scène à Rock en Seine en 2013 et réalisé un de leurs clips, "Run up" en 2017.

À propos de concert, Diplo souffle : "J'aimerais qu'on joue C'est cuit sur scène avec Aya, on en a besoin". Mais il ne faut pas en déduire que l'arrêt des spectacles avec la crise sanitaire l'a traumatisé.

"Ça faisait des années que je n'avais pas fait un break, j'ai vraiment aimé ça, ça a été probablement ma meilleure année depuis longtemps, une bénédiction, j'ai fait du surf, profité de mes enfants, j'ai acheté une maison", développe ce beatmaker sollicité naguère par Madonna ou Beyoncé.

"Le retour des concerts à un rythme fou se profile, on verra si ça m'inspire, je n'en ai pas l'impression (rires), je veux ralentir, de toute façon je déteste prendre l'avion, prendre des jets".

S'il est resté aussi zen pendant l'année écoulée, c'est qu'il n'est pas comme la plupart des artistes "à la merci des labels et éditeurs phonographiques" : "je possède mes masters (œuvres originales), j'ai mon label, Mad Decent".

Privé de shows, le DJ s’est diversifié, tâtant des livestreams, même si leur multiplication s’est révélée "ennuyeuse".

Lui ne vit pas dans une bulle. Et les titres des deux derniers albums de Major Lazer, "Peace is the mission" ("La mission, c’est la paix") et "Music is the weapon" ("L’arme, c’est la musique"), se lisent comme un message face aux troubles du monde en général et des États-Unis en particulier.

"Ça a été une année dure, avec des violences, des émeutes, l'été dernier a été dingue quand on y repense", analyse-t-il, estimant que le mouvement "Black lives matter" a été "inspirant" pour les jeunes générations.

N a-t-il pas eu l'impression d'être dans un jeu vidéo quand le Capitole a été envahi ? "L'année qu'on vient de passer a été la plus folle dont je me souvienne depuis (les attentats) du 11 septembre (2001) ; l'assaut du Capitole, personne n'aurait pu écrire ça, c'était le chaos".

Et de conclure avec humour : "C'est tellement étrange maintenant en Amérique, je ne sais même plus qui est président (rires), le précédent occupait un tel espace, avec Biden on est revenu à la normale, on se dit mais que se passe-t-il sur Twitter, c'est calme ! (rires)".