Carton plein pour le Ronquières Festival

Le premier événement musical de masse se déroule ce week-end grâce au Covid Safe Ticket et signe un retour enflammé, notamment grâce au phénomène Måneskin.

Carton plein pour le Ronquières Festival
©AVPRESS

10h30, « Les démons de minuit » font vibrer tout le plan incliné. Il n’y a pas beaucoup d’occasions pendant lesquelles on peut se permettre de passer ce tube des années 80 à un horaire aussi matinal. Mais celle-ci vaut le coup : le premier événement musical « grandeur nature » vient tout juste d’ouvrir ses portes. Grâce au « Covid Safe Ticket » mis en place la veille, le festival de Ronquières a pu se tenir ce week-end à pleine capacité. Après un rapide scan d’un QR Code pour preuve de vaccination ou de test PCR négatif et la présentation de la carte d’identité, les 20 000 festivaliers journaliers ont pu accéder au site. Plus besoin alors de masque ni de distanciation sociale.

Il fallait donc inaugurer ce retour au « monde d'avant », comme on aime le nommer. Les DJ wallons Calumny se sont chargés de lancer les festivités devant une foule encore éparse, mais visiblement déjà très heureuses d'être là. Pour éviter la cohue à l'entrée du site, les concerts ont été avancés par rapport aux autres années. Sur les coups de midi, c'est au tour de David Numwami de monter sur scène pour présenter son premier EP sorti en juin dernier, Numwami World. Le jeune musicien donne son premier concert de la journée, avant d'enchaîner avec Paradise City et La Carrière Festival. Le programme est chargé, mais cette intensité lui avait manqué.

Juste après lui, Charles, Sharko et Dionysos se produisent devant une foule qui semble immense, après près de deux ans sans grands événements. Il faut un peu de temps pour se réhabituer. Mais les odeurs de barbecue émanant des foodtrucks, les files interminables au bar, les toilettes bouchées, les bousculades dans le public, les cris stridents du voisin, nous ramènent vite à nos sensations d’antan. Ca fait presque plaisir de les retrouver.

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Fin de l'après-midi, Pomme rejoint la scène Tribord, avec ses deux musiciennes. Sacrée artiste de l'année aux dernières Victoires de la musique, l'autrice-compositrice a offert une belle version acoustique de « Désenchantée » de Mylène Farmer, en plus des morceaux extraits de son album Les Failles. « Ca fait du bien de s'ambiancer sur des chansons qui parlent de la mort », plaisante-t-elle après « Pourquoi la mort te fait peur ». La musique de Pomme demande peut-être un cadre plus intimiste pour s'apprécier pleinement et en mesurer les subtilités plutôt qu'en plein milieu d'une foule prête à se déchaîner.

La fièvre italienne

Il est ensuite enfin temps pour le groupe le plus attendu du festival de prendre place. Leur venue a d’ailleurs boosté la vente des places, surtout après l’annulation de leur présence au Lokerse Feesten début août. Pour ne rien manquer ce premier concert en Belgique, des dizaines de fans se sont installées devant les barrières dès le début de la journée afin de s’assurer les meilleures places. Depuis leur victoire à l’Eurovision, les quatre Italiens de Måneskin connaissent un succès croissant, international et inattendu. Dès leur apparition, le public semble déjà conquis et en extase. On aurait sans doute pas parié sur une formation de groupe de rock qui chante en italien pour faire danser Ronquières et faire mouche auprès des jeunes.

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L’ambiance est électrique et survoltée, comme rarement en festival. Après avoir offert quelques uns de leurs morceaux comme « In Nome Del Padre » ou « Zitti e Buoni », Måneskin préfère proposer des reprises, de Billie Eilish à Franz Ferdinand en passant par les Stooges, Harry Styles et The Killers. Le charismatique chanteur, Damiano David, vêtu d’un mini short en cuir et blouse en dentelle maîtrise le show. Même s’il le fait parfois en empruntant au rock quelques clichés, avec sa langue tirée constamment, ses nombreux signes de cornes et sauts dans le public. La bassiste, le guitariste et le batteur ne se font pas pour autant oublier.

Le retour de Roméo Elvis

Retour en Belgique avec L’Or du Commun et Roméo Elvis. Ce dernier a compté, cela faisait 630 jours qu’il n’avait plus donné de concerts. Remonté, le rappeur bruxellois a enfin pu présenter ses nouveaux titres : « Défoncé », « AC » et « TPA ». Après avoir offert une version acoustique de « J’ai vu » et fait un clin d’oeil à son hymne pour les Diables Rouges, il revient à ses classiques, s’assurant les faveurs du public. « Le premier showman de Belgique, et peut-être même d’Europe », comme il se décrit, a réussi son retour à la scène, mais avec peut-être un peu trop d’insistance pour faire bouger la foule et initier des pogos. L’insouciance était au moins de mise pendant une journée, et ça fait drôlement du bien.

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