Stéphanie Blanchoud, une voix à fleur de peau

La chanteuse, auteure et comédienne sort "Ritournelle", recueil de chansons pop, simples et intimes.

Stéphanie Blanchoud, une voix à fleur de peau

Stéphanie Blanchoud dégage quelque chose de curieux, un mélange d'intensité, de dureté, une certaine mélancolie. "Ah mais c'est parfait, réagit-elle, vous auriez pu me dire le mot 'désagréable'. On m'a déjà fait la remarque plusieurs fois. C'est une sensation étrange, que d'être confrontée à ce que l'on dégage. Quelque chose dont on n'a absolument pas conscience, et qui ne vous ressemble pas toujours."

Intense, la comédienne de 39 ans l'est assurément à l'écran, dans la série Ennemi Public notamment, où elle incarne une inspectrice chargée de surveiller un assassin d'enfants tout juste libéré. Mélancolique, elle l'est davantage dans ses textes. Les pièces que l'auteure bruxelloise écrit, joue et met en scène pour le théâtre, depuis sa sortie du Conservatoire en 2003. Puis il y a ses chansons, les quatre albums publiés en quinze ans, dont ce petit dernier, baptisé Ritournelle sorti le 3 septembre (Poppins Production), et enregistré il y a plus d'un an.

L’art de se livrer soi-même

"C'est un album qui parle du temps qui passe, des relations dans ce qu'elles ont de complexe, de cette nostalgie que l'on ressen t, détaille son auteure. Quand j'écris pour le théâtre, j'ai besoin de me concentrer, d'avoir un rituel d'écriture, me plonger dans un univers avec une méthode bien précise. Les paroles de mes chansons, elles, peuvent venir dans un train, un avion, en marchant. J'ai besoin de mouvement."

L'exercice est plus personnel, plus intime. Dans une interview accordée début janvier au quotidien suisse Le Temps, Stéphanie Blanchoud estimait que "chanter implique une telle mise à nu qu'à côté, incarner un personnage semble extrêmement simple". "Sur un plateau, on est au service d'un rôle, d'un auteur, poursuit-elle. Sur disque, et plus encore en concert, on vient avec son univers à soi. Cette rencontre-là est tellement différente d'un soir à l'autre, parfois c'est magique, parfois un peu moins. Je trouve qu'il y a vraiment quelque chose qui ne tient qu'à un fil."

L’embouteillage de la rentrée

Quand on travaille en autoproduction "et qu'on ne remplit pas Forest National", tout est également plus difficile. Il faut se faire une place, et l'embouteillage monstre de concerts provoqué par la rentrée post-Covid ne facilite pas l'accès à la scène. Les quelques dates de concert annoncées pour les semaines à venir (dont une venue au Botanique ce 18 septembre) sont donc vécues comme une véritable bénédiction. "J'espère qu'il y en aura davantage par la suite", confie Stéphanie Blanchoud, dont l'univers lorgne du côté d'artistes comme Beirut, Peter Von Poehl ou Patrick Watson. Pour Ritournelle, elle s'est associée au musicien flamand Pieter Van Dessel, du groupe Marble Sounds, dont les cuivres donnent subtilement du relief aux textes en les plongeant dans une fort belle instrumentalisation. La musique est d'ailleurs venue en premier, les textes ensuite, une façon "de sortir de ce vers quoi l'on va intuitivement", conclut l'artiste, de véhiculer d'abord et avant tout, une émotion.

Stéphanie Blanchoud, "Ritournelle", sorti le 3 septembre. En concert au Botanique le 18 septembre, à Wavre le 9 octobre, Mouscron le 29 octobre, et Louvain-la-Neuve le 15 mai.

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