Polémique à l'Opéra royal de Wallonie après l'éviction de deux solistes

Le vice-président du conseil d'administration de l'Opéra royal de Wallonie (ORW), Philippe Monfils, a demandé une réunion d'urgence du CA.

Polémique à l'Opéra royal de Wallonie après l'éviction de deux solistes
©JC Guillaume
Belga

Cette sortie médiatique intervient à la suite de l'éviction, à quelques jours à peine de la première de "Lucia di Lammermoor", de deux artistes connus de l'Opéra, sans aucune annonce officielle, l'un et l'autre ayant semble-t-il appris la nouvelle par leur agent, tandis que la directrice musicale Speranza Scappucci a annoncé ne pas prolonger son mandat à partir de 2022, officiellement pour des raisons d'agenda. Au sein de l'Opéra, des voix s'élèvent pour dénoncer une ambiance délétère et surtout un détricotage de l'héritage de feu Stefano Mazzonis, le directeur général et artistique qui s'est éteint en février dernier. Car à ces deux évictions, Maxime Melnik (qui devait chanter Arturo) et Zeno Popescu (pour Normanno), s'ajoutent le licenciement d'un responsable des ressources humaines "sans que le conseil d'administration sache pourquoi", indique Philippe Monfils, "et la réintégration d'une assistance de direction artistique évincée par l'ancien directeur général et artistique en 2016 pour conflits d'intérêt".

"Tout ça n'est pas sérieux, pour une structure qui pèse 15 millions de subsides, ce n'est pas acceptable", dénonce Philippe Monfils, qui appelle à ce que l'on revienne à l'orthodoxie, "nous devons avoir des justifications. J'ai le sentiment que depuis la mort de Mazzonis, on joue aux purges", dénonce l'homme politique MR. Ce dernier rappelle aussi que la désignation du nouveau directeur Stefano Pace après un double appel à candidatures a été réalisée par un CA qui n'est pas régulièrement composé car non renouvelé depuis les élections régionales de 2019 "et qui pourrait donc être cassé par le Conseil d'Etat", acquiesce le juriste de formation. De fait, mardi soir, un recours en annulation contre la procédure de nomination du directeur général et artistique Stefano Pace a été introduit au Conseil d'Etat par un candidat non sélectionné lors de la procédure de nomination, a communiqué la Ville de Liège.

L'ORW a réagi au remplacement des deux solistes par le directeur général et artistique en justifiant que cela s'avérait nécessaire afin d'assurer "le niveau global de qualité que le public est en droit d'attendre. Des doutes ont surgi quant à ces deux artistes lors des premières répétitions. Ces doutes se sont confirmés lors de la première répétition en scène avec l'orchestre".

Enfin, l'Opéra royal de Wallonie-Liège dément ce qui a été relaté sur certains médias et la rumeur selon laquelle la nouvelle assistante à la direction artistique ferait du favoritisme.