Alors, il vaut quoi le nouvel album d'Adele ?

L’artiste britannique est de retour avec un disque à haute teneur émotionnelle.

Alors, il vaut quoi le nouvel album d'Adele ?
©Simon Emmett
L.He.

Depuis le début de sa carrière, en 2008, Adele a habitué son public à un déballage de grands sentiments, faisant vibrer de sa voix impressionnante un répertoire aussi intime qu’intense émotionnellement. Avec un certain succès, d’ailleurs : ”25” sorti en 2015, s’est écoulé à plus de 22 millions d’exemplaires de par le monde. Six ans plus tard, son retour était donc fortement attendu.

Tout est plus grand, plus fort, sur ce "30" (** Sony, sortie ce 19 novembre). La douleur est chantée, exprimée, partagée de manière frontale, parfois presque brutale. Et pour cause, ces 12 nouvelles chansons ont été écrites en plein divorce. On pouvait s'attendre à un album empli d'animosité ou de ressentiments. Mais Adele est au-dessus de tout cela.

Au lieu de se concentrer sur la séparation en tant que telle, elle explore le long chemin de la reconstruction, les leçons à retenir, la quête de soi.

L’album s’ouvre avec l’étonnant “Strangers by Nature”, qui fait par moments penser à la bande originale d’un ancien Disney. Le dernier titre, “Love Is A Game”, s’en rapproche également. Les touches rétro avec lesquelles elle joue depuis longtemps se font encore plus présentes, et les chœurs de “Cry Your Heart Out” semblent directement provenir d’un vieux poste de radio figé dans les années 60.

Première surprise, toutefois, les sonorités reggae qui se font entendre à mi-parcours. La Londonienne tente de nouvelles formules, se détache un rien de sa zone de confort. “Easy On Me”, premier single dévoilé il y a quelques semaines s’inscrit dans la lignée de ses hits précédents, mais d’autres ne suivent pas cette voie.

“Oh My God” et “Can I Get It” changent de rythme. Ces morceaux se veulent plus pop, plus dansants même, pas vraiment la marque de fabrique de la chanteuse jusqu’à présent. À côté des remises en question et des blessures, Adele tente de prouver qu’elle peut se montrer espiègle et enjouée. “I want to have fun” (Je veux m’amuser), assène la nouvelle célibataire. Mais on a un peu de mal à la croire . “I Drink Wine” et “Hold On” marquent rapidement un retour à la ballade au piano puis au gospel.

Dans l’ensemble, deux titres dénotent : “My Little Love” et “To Be Loved”. Le premier est dédié à son fils de neuf ans. On y entend les extraits d’une conversation où la chanteuse confesse ne pas savoir quoi faire et lui demande de lui dire qu’il l’aime. En pleurs, elle avoue être parano, stressée, seule. Des confidences très intimes, trop, sans doute, saisissantes de réalisme et d’honnêteté. Sur le second titre, Adele expose sa résilience, la volonté de s’aimer avant tout, étallant au passage toute sa puissance vocale. Six minutes plus tard, l’auditeur en ressort ébahi, presque éreinté par une telle performance.