Volbeat, glorieuse relève du heavy metal

Le groupe de metal danois a su imposer son univers. C’est l’un des rares à pouvoir jouer les têtes d’affiche.

Volbeat, glorieuse relève du heavy metal
©Volbeat

Kiss, Iron Maiden, Metallica, AC/DC… Depuis près de vingt ans, les têtes d’affiche des festivals de metal se suivent, se ressemblent et se limitent à une petite dizaine de noms. À l’heure où certains font leurs adieux (Kiss, Aerosmith) et où d’autres ont carrément tiré leur révérence (Black Sabbath, Mötorhead), un constat s’impose : aucun candidat à la reprise ne bénéficiera jamais d’une telle aura. Aussi riche, populaire et créatif soit-il, le metal s’apprête à dire adieu à ces légendes fédératrices venues d’une autre ère sans laisser de descendance.

Mais, si l’on analyse les dix dernières affiches du Graspop et du Hellfest, références belge et française parmi les festivals dévolus au genre, un nom vient régulièrement se frotter aux vieilles gloires : Volbeat.

Formé à Copenhague en 2001, le groupe de metal fortement influencé par le rockabilly s'est consciencieusement et progressivement construit une solide communauté de fans. En huit albums, dont le petit dernier - Servant Of The Mind ** (Universal, sorti le 3 décembre) -, Michael Poulsen et ses musiciens sont parvenus à se frayer un chemin vers les zéniths et les stades.

"Je ne sais pas pourquoi il y a un tel écart entre les dinosaures et les nouveaux venus", s'exclame le chanteur et guitariste danois de 46 ans. "Tout ce que je sais, c'est qu'on doit continuer à les apprécier tant qu'ils foulent la surface de la Terre, car personne ne prendra leur relève. Faire partie d'un groupe était une autre histoire avant Internet et toutes ces techniques de marketing. Une sorte de mystique, de mythologie, entourait les rockstars. Ça leur a donné une longévité qu'aucun d'entre nous ne pourra reproduire."

Volbeat n'est pourtant pas très loin. En 2015, l'affiche du Graspop donnait aux valeureux Danois la même visibilité qu'à des formations comme Black Sabbath et Iron Maiden. "Je ne nous considère absolument pas comme une légende", tempère d'emblée Michael Poulsen. " Si tout va bien, peut-être qu'on s'en approchera dans quinze ou vingt ans, mais on devra jouer jusqu'à 70 ans (rires). Notre approche a toujours été simple : vivre sur la route, jouer constamment, et faire passer le groupe des pubs aux salles, puis aux stades. Les gens pensent parfois que tout est allé vite, mais nous jouons et écrivons de la musique sans discontinuer depuis quinze ans."

Outre sa redoutable ténacité, Volbeat bénéficie de ce qu’on appelle dans le jargon "un son". On aime ou on déteste, mais le quatuor de Copenhague mêle le lyrisme vocal d’un Bruce Dickinson (Iron Maiden) et la puissance rythmique d’un Metallica à des compositions fondamentalement inspirées par Elvis, Johnny Cash, et le rockabilly des années 60.

"Je pense que personne n'avait jamais rien entendu de tel", s'amuse Poulsen. "Les gens ont dû se dire : 'Mais qu'est-ce que c'est que ce truc venu du Danemark ? Une version metal d'Elvis ? Je dois écout er ça !' (rires) La nouveauté, la persévérance et le timing de notre entrée en scène nous ont amenés ici. Ce qui ne garantit rien. Des groupes mythiques comme Pantera ou System Of A Down ont tous les deux été à deux doigts de devenir les plus grands groupes de la planète à un moment donné, avant qu'un grain de sable ne vienne se mettre dans leurs rouages."

Grand public, presque pop sur certains morceaux, Servant Of The Mind marque le retour de Volbeat à un son plus brutal, selon Michael Poulsen, qui l'a écrit en plein confinement. "C'est la combinaison de l'énergie que je ne pouvais pas dépenser sur la route et de toutes les interviews que j'ai données durant la pandémie. Revenir sur les débuts du groupe m'a replongé dans mes jeunes années. Tous les membres de Volbeat ont commencé dans la scène death metal avant d'évoluer vers des morceaux plus rock, punk ou blues. C'est cette énergie-là qui est revenue."

À peu près au même moment, le quatuor recevait une proposition empoisonnée : reprendre un morceau du célébrissime Black Album de Metallica, pour célébrer les 30 ans de sa sortie. "On a répondu : ' Évidemment '", rigole Michael Poulsen. "Et une seconde après : ' Heu, attendez… Pas sûr .'" "Nous étions flattés, mais le principe de base, c'est qu'on ne touche pas au répertoire des rois. Alors on s'est assis, on a réécouté tout le Black Album, et on a écarté les morceaux les plus connus pour finalement reprendre 'Dont Tread On Me'. Ça a marché, on a eu la bénédiction de Lars, James et surtout… des fans de Metallica."

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