Orelsan explique pourquoi il a "autant de fans en Belgique"

“Civilisation”, je l’ai fait pour que ça marche", explique le rappeur de Caen.

Orelsan explique pourquoi il a "autant de fans en Belgique"
©Belga

Particulièrement discret depuis la fin de sa tournée La Fête Est Finie en 2020 (il s'était même retiré des réseaux sociaux), Orelsan explose à nouveau tous les compteurs. Paru voici un mois, son album "Civilisation" a dépassé le cap des 300.000 exemplaires physiques vendus, tandis que le clip au montage chirurgical de L'odeur de L'Essence frôle les onze millions de vues sur YouTube. Quant au documentaire Montre jamais ça à personne, toujours visible sur Amazon Prime, il a séduit bien au-delà des gens qui écoutent du hip-hop. Bref, tout le monde aime aujourd'hui Aurélien Cotentin, 39 ans. "Ce nouvel album, "Civilisation", je l'ai fait pour que ça marche", explique Orelsan à nos confrères de Moustique. "Mais là, c'est tellement dingue au niveau de la réception que je me dis: "ouah qu'est-ce qui se passe?" Avant la sortie du disque, le documentaire réalisé par mon frère Clément avait déjà amorcé le phénomène. Je n'ai jamais fait un truc aussi unanime. Clément a réussi à montrer la sincérité de mon projet. J'ai l'impression que tout le monde me comprend désormais et je suis super content." Voici des extraits de l'entretien.

Vous éprouvez encore ce complexe du “provincial”?

Oui, à fond. Quand j’ai commencé à faire de la musique, il n’y avait pas la généralisation d’Internet et des réseaux sociaux comme on le connaît aujourd’hui. A Caen, on était toujours en retard par rapport à la mode, à la musique, aux tendances. On était moins stylé. Tu n’as qu’à voir dans le docu les pulls que je portais quand j’avais vingt piges. La honte… Alors, forcément, quand tu allais à Paris, tu faisais un complexe. Mais j’en ai tiré aussi une force et une fierté genre “On n’est pas comme les Parisiens.” Et j’ai gardé cette attitude. Je crois que c’est pour cette raison que j’ai autant de fans en Belgique. On partage cette même mentalité “provinciale” par rapport à Paris. Vous êtes des gens cool et humbles.

Vous approchez les 40 ans, vous êtes marié et aimeriez bien avoir des enfants. Ça change la donne quand on est dans le rap game?

Oui, bien sûr. Je ne suis plus un gamin. Je suis revenu près de ma famille à Caen. Chaque dimanche, on mange tous ensemble, c’est sacré. Autour de moi, tous mes potes ont des enfants, à commencer par mon frangin Clément qui en a trois. Ça change ma vision du monde et ça se ressent dans le disque où il est beaucoup question de transmission. A mes débuts, je voulais faire des disques que mes parents détestent. Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire des chansons qu’ils aiment et aussi des chansons où je dis que je les aime. Je suis très « famille » en fait.

Vous êtes entouré de la même équipe depuis vos débuts. Ca vous aide à garder les pieds sur Terre ?

J’ai la chance que la reconnaissance n’est pas venue en une fois. Tout s’est construit au fil des années avec les mêmes personnes: Skread (son beatmaker), Ablaye (qui gère son label et monte sur scène avec lui), Gringe (Casseurs Flowters) ou mon frère Clément. Sans eux, je ne suis rien. Ce n’est pas un entourage protecteur qui me cire les pompes. Ils me parlent aujourd’hui comme ils me parlaient il y a vingt ans.  J’ai besoin qu’ils me donnent leur avis ou me disent quand je fais une connerie. Je ne les écoute pas toujours mais c’est un bon filtre.

Retrouvez ici l'entièreté de l'interview accordée à Moustique

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