Bakari, le rappeur liégeois qui veut s'affranchir des codes du genre

Avec trois EP sortis en 2021, le rappeur liégeois Bakari a profité de cette année et demi semi-létargique pour affiner son style. Rencontre en vidéo.

"Le retard est la politesse des artistes", disait l'écrivain André Maurois. Bakari était à Bruxelles fin octobre pour un showcase organisé par les Fifty Sessions et avait visiblement oublié l'heure de notre rendez-vous.

Né au Rwanda et arrivé en Belgique à l'âge de 7 ans, Bakari s'installe avec sa famille à Liège. Il est ravi de venir dans ce pays inconnu où il rencontre son père pour la première fois. Mais tout n'est pas si facile. "L'école, j'ai sincèrement essayé. Ce n'était pas pour moi. Travailler pour quelqu'un, je n'y arrivais pas non plus." Il se réfugie dans le quartier qui l'a vu grandir, là où il connaît tout le monde, entre petits trafics et rap.

Et c'est à ce quartier qu'il rend hommage à travers les pochettes de ses trois EP, une mini série de trois fois six titres intitulée Sur écoute, comme la série éponyme de David Simon qu'il a pris pour référence. Des textes souvent sombres, des petites histoires de quartier narrées sur des productions mélodieuses et enjouées où chant et rap s'entremêlent. Depuis ses débuts, le rap a évolué pour devenir de plus en plus pop et Bakari suit le même chemin en y apportant sa propre vision.

Rencontre en vidéo pour évoquer son arrivée en Belgique, ses début dans le rap, les difficultés du milieu quand on ne vit pas dans la capitale.