Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce

Stromae a donné un impressionnant premier concert à Bruxelles, ce mardi soir.

Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce
©Lydie Bonhomme

On a beaucoup parlé de son retour médiatique. Trop, sans doute, au point d'en oublier la musique, et surtout l'incroyable bête de scène qu'est Stromae. Ce mardi soir, dans un Palais 12 (Bruxelles) limité à 9000 places prestement vendues pour l'occasion, Paul Van Haver a fait son grand retour en public.

Sur le moment, on ne sait pas trop à quoi s'attendre, la peur d'être déçu sans doute. Mais, lorsque s'éteignent les lumières, que retentissent les hurlements, et qu'apparaît l'avatar animé de l'artiste, les spectateurs commencent doucement à réaliser qu'ils vont assister à un show unique.

Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce
©Lydie bonhomme

Dix écrans mobiles affichent une animation superbe réalisée par le studio d'animation bruxellois studio nWave Pictures, aux traits proches de ce que proposent les prestigieux studios Pixar. Les visuels sont grandiloquents, la musique de fond outrageusement universelle. L'audience surfe virtuellement sur des vagues de sable, avant de plonger dans les entrailles de la terre, et de voir émerger sur scène les quatre musiciens du maître, qui lance les premières paroles d' "Invaincu". Premier morceau inédit de l'album Multitude à venir le 4 mars, qui prend immédiatement aux tripes.

Plein de maîtrise, Stromae chante dans un phrasé presque rappé comment il a surmonté l'angoisse des dernières années. On connaissait "L'enfer" et "Santé", dévoilés sur Youtube et dans les JT, mais ce qui arrive est plus fort, plus singulier. L'auteur s'abreuve d'une quantité considérable de musique, nous dit-on en coulisse. Cette soif s'entend dans ses compositions à la recette connue mais la virtuosité intacte et unique. Il y a des rythmes africains, de grosses basses trap, des cordes orientales et des notes de clavecin, mais surtout ces textes limpides et sincères.

Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce
©Lydie bonhomme

"Être seul, c'est difficile" chante Stromae. "Je ne suis pas contre un peu de tendresse de temps en temps" enchaîne-t-il. La sphère privée le regarde, la brutalité de la célébrité, elle, s'expose sans pitié, et se décline ensuite dans ce "Fils de joie" que l'on voit bien répondre aux "fils de pute" passés dans le langage commun. "J'ai la pâteuse, je suis un peu stressé" lâche enfin Paul, dont c'est le premier show depuis des années. On a presque du mal à le croire, tant tout est maîtrisé, millimétré, parfaitement interprété.

Lorsque retentissent les premières notes de "Tous les mêmes", les balcons se lèvent, l'assistance danse. Aussi brillante soit-elle, la démonstration n'entrave en rien la fête, qui se heurte à "Quand c'est" et ses thèmes compliqués, ce cancer maternel merdique mais vaincu, aux visuels sublimes. La "bonne journée" suit "la mauvaise", avant de lancer le désormais classique "Papaoutai", qui déchaîne les corps agités, bien contraints de se calmer sur "Formidable", "l'Enfer" et "Santé".

Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce
©Lydie bonhomme

On ne va pas tout vous raconter. Si ce n'est que ce show "apéritif" d'une petite heure a largement suffi à démontrer, s'il le fallait encore, que Stromae n'a rien perdu de sa superbe après un long congé. Malgré une offre surabondante, il est rare, aujourd'hui, d'assister à une telle performance. Qu'on l'aime ou non, sur scène, Stromae est redoutable.

“Multitude” (Universal) sortie le 4 mars


En concert à Werchter Boutique le 19 juin (avec Gorillaz), Aux Ardentes (Liège) le 10 juillet. Et enfin au Palais 12 (Bruxelles) les 15 et 17 mars, puis les 1,2 et 3 juin.

Stromae est de retour sur scène, en force et en grâce
©Lydie bonhomme