Mort du compositeur grec Vangelis à 79 ans

Le musicien connu pour ses bandes originales de films s’est éteint jeudi à 79 ans.

V. Dau (avec AFP)

Vangelis Papathanassiou n'est plus parmi nous." C'est par ces mots sobres que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis annonçait, jeudi soir, le décès, à 79 ans, d'un des artistes les plus célèbres du pays. La grande majorité des gens se souviendront de ses mémorables compositions pour le Cinéma. Les Chariots de feu lui valurent un Oscar en 1982. Dix ans plus tard, ses envolées aux synthés marquèrent de leur empreinte le 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott, puis Blade Runner du même réalisateur. Une décennie plus tard, encore, Oliver Stone fit appel à ses services pour composer la bande originale de son Alexandre. Si on y ajoute Missing de Costa-Gavras et Lune de Fiel de Polanski, c'est à peu près tout pour le cinéma, pas pour sa contribution musicale.

Refus catégorique de rejoindre Yes

Pionnier de la musique électronique né à Vólos (Thessalie) en 1943, cet autodidacte avait trouvé son inspiration dans l’exploration spatiale, la nature, l’architecture futuriste, le Nouveau Testament et le mouvement étudiant de mai 1968. Début des années 60, à Athènes, Vangelis reprend les Beatles, et vénère - comme tout le monde - le rock’n’roll, auquel il ajoute déjà des touches de piano. En 1968, il se rend à Paris, et forme le groupe de rock progressif Aphrodite’s Child avec un autre Grec célèbre : Demis Roussos, avant de renier la pop et de se tourner vers des compositions plus expérimentales.

Peu de temps après, en 1974, Monsieur se paie même le luxe de refuser de remplacer le claviériste Rick Wakeman au sein du groupe Yes pour se consacrer aux bandes originales, et de poser les bases de la musique électronique contemporaine, à l’image de Jean-Michel Jarre et Kraftwerk qui font leur entrée respective au même moment.

Des Beatles à l’espace

Au total, une quarantaine d’albums solo voient le jour. Grandiloquent, rassembleur, polyvalent, il compose pour tous les supports possibles et imaginables, dont des thèmes envoyés… directement dans l’espace. En 2001, par exemple, il sort "Mythodea", qui accompagne des missions de la Nasa vers Mars. En 2016, il salue personnellement la fin de la mission Rosetta de l’Agence spatiale européenne en sortant un album du même nom.

Il ne faudrait pas oublier, enfin, sa contribution au sport. En 2002, Vangelis se charge de l'hymne de la Coupe du monde organisée au Japon et en Corée du Sud, tandis que 10 ans plus tard, ses "Chariots de feu" viennent ouvrir les Jeux Olympiques de Londres, tout un symbole. Selon plusieurs médias grecs, Vangelis est décédé du coronavirus en France, où il partageait son temps avec Londres et Athènes. M. Mitsotakis souligné que le deuxième prénom de Vangelis était Ulysse. "Pour nous les Grecs, cela signifie qu'il a commencé son grand voyage sur les chariots de Feu. De là, il nous enverra toujours ses notes", a ponctué le Premier ministre.