Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter

Le groupe de métal californien a honoré ses innombrables fans avec une setlist bourrée de classiques, vendredi soir, à Rock Werchter.

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume

Panique générale ! Jeudi matin, alors que Rock Werchter s'apprête tout juste à ouvrir ses portes, la venue de Metallica le lendemain semble compromise. Le groupe ne s'est pas produit en Suisse comme prévu, mercredi soir, pour cause de cas de Covid au sein de la "Metallica Family", soit l'armée de roadies, techniciens et autres qui les accompagne. Pour un programmateur de festival, c'est toujours ennuyeux. Dans le cas de Metallica, c'est tout bonnement intolérable, car il y a fort à parier qu'au moins 40.000 spectateurs ont acheté un billet exclusivement pour les Californiens. Pas le genre à migrer gentiment de la Main Stage vers les autres scènes pour aller voir Moderat, Lous & The Yakuza ou Parcels.

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume

Ledit collaborateur écarté (ou liquidé), le quartet de Los Angeles a finalement pu reprendre la route. Quand James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo entrent en scène à 22h40 avec 20 minutes d'avance, c'est donc inévitablement la folie. Comme toujours, avec eux, le décorum est massif, impressionnant. Dix immenses cubes d'écrans ont été disposés ou suspendus. Des boulevards entiers ont été montés de chaque côté de la scène pour permettre aux métalleux d'aller faire coucou à leurs fans, et un petit promontoire est disposé dans la foule pour laisser James prendre un peu de visibilité, pendant que Lars massacre ses fûts et que Kirk se fait plaisir en solo.

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume

On sait le groupe généreux. Jouer le dernier album en intégralité n'est pas dans le style de la maison, alors on part pour le Best Of habituel : quatre titres de Metallica, trois de Master of Puppetset Ride The Lightning, deux pour Kill Em All, et un de chaque pour le reste. Mais surtout, cet Ecstasy Of Golddu maître Ennio Morricone en intro, qui vous donne systématiquement et sérieusement la chair de poule. "Whiplash" et "Creeping Death" se suivent en force, "Enter Sandman", "Ride The Lightning" et "No Leaf Clover" font le boulot, et les fans deviennent dingues sur "Wherever I May Room" puis "Sad But True".

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume

On aimerait y être, voir de nos propres yeux "Dirty Window", "Nothing Else Matters", "Seek and Destroy" et le "Master Of Puppets" de clôture après deux heures de show, mais nous n'avons que le son depuis le backstage, un pied dans un seau de glace. Vingt minutes avant Metallica, les affreux australiens de The Chats crachaient encore leur punk crasseux sur la scène "Slope". Contrairement au public relativement statique de Metallica, leur audience saute dans tous les sens, dont une partie de la presse. Petit saut, mauvaise réception, et crack. Dans le langage commun, on appelle ça un "fail".

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume

Fort heureusement, Alt-J se produisait juste avant l'incident. Fini les Mainstage pour le trio de Leeds, à qui l'ambiance plus feutrée d'une tente sied particulièrement bien. "The Barn" est remplie. "Tesselate", "Matilda", "Left Hand Free", "Breezeblocks" et autres petites merveilles de rock indé plongent des milliers d'âmes dans une douce torpeur. Alt-J est bon, beau, peut-être plus pertinent que jamais. Tout comme Parcels, qui suit juste après, et se révèle incroyablement dansant. Le rêve pour les fans de Moderat, qui laisseront tranquillement les métalleux de leur côté pour la fin de soirée.

Explosion de Metallica contacts à Rock Werchter
©JC Guillaume