LaSemo: un festival bobo, écolo, rigolo

Des centaines de festivaliers se sont retrouvés dans le parc d’Enghien ce week-end pour la 15e édition de LaSemo, un événement familial et durable.

E.G. (st.)

Un convoi de cyclistes s'élance. Pourtant, Bruxelles-Enghien n'est pas une étape du Tour de France. Ce sont les participants de LaSemo qui se rendent sur les lieux de l'événement. Un départ collectif était organisé depuis Bruxelles. L'initiative annonce la couleur : le vert est à l'honneur. « Notre volonté a toujours été de proposer un festival durable. C'est l'ADN de cet événement. », affirme Samuel Chappel, l'un des fondateurs. « Il y a une friperie, des ateliers zéro-déchet, de la vaisselle réutilisable et de nombreuses conférences. »

Dans le coin papote, les festivaliers s'asseyent sur des chaises ou en tailleur, à même le sol. Ils causent économie circulaire, en attendant que la conférence ne commence. Les intervenants s'enchaineront tout le week-end. La militante indienne Vandana Shiva expliquera, en distanciel, « comment semer aujourd'hui les graines d'espoir de demain ». Tandis que Rob Hopkins, fondateur du mouvement en transition, insistera sur la nécessité des actions individuelles et collectives.

« Je n’ai même pas pensé à regarder la line-up »

LaSemo est probablement le seul festival où les conférenciers sont plus célèbres que les artistes. « Je n'ai même pas pensé à regarder la line-up avant de venir », plaisante un habitué. Samuel Chappel, organisateur, n'est pas étonné: « Notre but est de surprendre le public. Notre équipe fonctionne au coup de cœur. On veut des artistes qui envoient du lourd sur scène.» Cela dit, tous les noms ne sont pas inconnus. On y retrouve notamment le rock endiablé des Girls in Hawaii, une prestation électrique de Thylacine, dont on retiendra un époustouflant solo de saxo sur fond électro, et la voix suave de Ben Mazué. Mais ce n'est pas tout ! Les organisateurs ont grandis et leur public aussi. Les jeunes adultes qui se trémoussaient, il y a 10 ans, sur Tryo, les Fatal Picard et les Cowboys Fringants sont restés fidèles au festival. Mais ils ont des enfants maintenant.

Un festival familial

Pia, 5 ans, trépigne d'impatience, un casque anti-bruit aux couleurs de LaSemo vissé sur les oreilles. Elle est prête pour le concert. Ses idoles ? Les déménageurs ! Évidemment, comment oublier leur tube « Bonjour, tout va bien ! », au Hit-Parade de toutes les écoles maternelles ? Après, elle ira peut-être se défouler au Pays des Merveilles, ou piquer un petit somme au coin sieste.

Et quand les enfants dorment, les parents profitent. C’est l’occasion de faire un saut au Troquet, le seul espace « +18 » du festival. Au programme : coupe mulet, bières fraiches, et cérémonie d’hommage à Johnny. Envie de bouger ? Rendez-vous au blind test de Pascal Michel, animateur radio. Pas la peine de compter ses points, tout le monde s’en fout. Les participants ont pour seule ambition de danser sur des tables de camping. Un peu casse-gueule mais tellement fun.

Le festival réunit également petits et grands autour d’une programmation d’arts de rue en tout genre. Histoires contées, spectacles clownesques, acrobaties rocambolesques,… Les artistes se succèdent devant les yeux écarquillés du public amusé.

« Viens comme tu es »

Bref, pour profiter de LaSemo, il faut être prêt à : faire un pogo sur du Tim Dup, écouter le conte de Mélusine, danser sur du reggae avec Patrice, jouer à un jeu de société, s'éclater sur un beat électro et rencontrer le sosie de Cloclo. Les néophytes peuvent suivre King Louis, mascotte non-officielle de LaSemo. Le singe en peluche a assisté aux meilleurs concerts du week-end. Solidement accroché à son piquet, l'orang outan est présent depuis la première édition et connait tous les bons plans.

« Au début, je venais pour les artistes. Maintenant, je viens pour l'ambiance ! », confie celui que ses amis appellent Tamtam. Bienveillance, le mot est dans toutes les bouches. « Ici, tu t'habilles comme tu veux, tu danses comme tu veux, tu viens comme tu es. Tout le monde te respecte. », explique une jeune festivalière. « Et c'est super inclusif ! », s'exclame-t-elle. Au sol, accès PMR et poussettes garanti. Sur scène, Céline, traductrice en langue des signes, se déhanche. « On veut que le festival soit accessible à tous. Ça fait partie de notre vision de la culture. », explique Samuel Chappel, fondateur.

Avec sa programmation aussi riche qu’inhabituelle et l’atmosphère bon enfant qui règne entre les festivaliers, LaSemo est un OVNI dans le paysage culturel belge.