César Franck dans les limbes au Festival des Midis Minimes

Le Festival des Midis Minimes pour un mois dans l’église du Sablon.

Nicolas Blanmont
César Franck dans les limbes au Festival des Midis Minimes
©Olivier Pirard

On ne change pas une équipe qui gagne. Tel est le précepte habituellement de mise au Festival des Midis Minimes, qui, pour la 36e fois, propose au public bruxellois des concerts classiques courts et à prix doux tous les midis ouvrables des mois d’été. En 35 éditions, on est bien passé de l’église des Minimes au Conservatoire et de la gratuité totale à un prix limité (6 € cette année). Mais, pour le reste, c’est la constance dans la diversité : répertoire majoritairement classique avec parfois aussi quelques autres musiques, talents consacrés (cette année Jos van Immerseel, Justin Taylor ou I Muffatti) et étoiles montantes, éclectisme quotidien ponctué de quelques semaines thématiques (piano ou quatuor à cordes par exemple).

On ne change pas une équipe qui gagne, sauf quand vraiment on ne peut pas faire autrement. Le Conservatoire de Bruxelles va enfin faire l’objet d’une restauration devenue plus que nécessaire et, en ce mois de juillet, on a déjà prévu de démonter l’orgue. Les partages de midi se font donc de l’autre côté de la rue de la Régence, en attendant (on l’espère) un retour au Conservatoire en août.

De l’autre côté de la rue, c’est la grandiose église Notre-Dame des Victoires au Sablon, gothique flamboyant et dimensions imposantes. Mais, forcément, acoustique moins intimiste et surtout moins précise que la salle du Conservatoire ou même l’église des Minimes. Lundi, Florian Noack et le Quatuor Taurus rendirent superbement hommage au bicentenaire César Franck en jouant son beau quintette. Nuances, contrastes, puissance dramatique, délicatesse, cohésion parfaite : les musiciens firent de leur mieux, mais, même au neuvième rang (pas si loin), l’image sonore du Pater Seraphicus se perdait sous les voûtes et dans les limbes avant d’atteindre les spectateurs. Surtout quand le tempo s’accélérait et qu’une nouvelle note suivait la précédente avant qu’elle n’ait atteint son but. Une estrade avait été bien dressée dans la nef pour pouvoir disposer le public de façon plus conviviale et avoir moins d’écho, mais, pas de chance : le déménageur du piano n’étant pas arrivé à temps, les musiciens durent donc jouer depuis le chœur.

Pour juillet, on se dit que d’autres musiques (sacrées, notamment) se prêtent sans doute mieux à une acoustique de cathédrale que la musique de chambre. Et on se réjouit déjà que les concerts soient en principe de retour au Conservatoire pour la semaine des quatuors à cordes du 22 au 26 août.

Rens. : https://midis-minimes.be