Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland

Le troisième week-end du festival d'EDM s'est ouvert à Boom, vendredi, soir. Basses rutilantes, testostérone, torses épilés et shows 3D à volonté.

Foutue Main Stage. Même avec un artiste du calibre de Paul Kalkbrenner, il est vrai en pilote automatique depuis quelques années, pas moyen de trouver un festivalier avec qui danser. Baptisée "The Reflection Of Love", l'infrastructure est impressionnante, envoûtante, particulièrement réussie, avec son style rétro-futuriste à la croisée des univers de Star Wars et Argo.

Une bonne partie de l'assistance est venue pour cela, une autre, tout simplement pour être là, "vivre Tomorrowland" - et bien le montrer sur Instagram - sans trop savoir qui y jouera. Alors, fatalement, les dizaines de milliers de festivaliers présents sur place immortalisent leur séjour, font des selfies, taillent le bout de gras en agitant leurs drapeaux, ou sautillent dans leur déguisement de Pikachu. Pour réellement faire la fête, il faut aller traîner du côté des quatorze autres scènes, toutes aussi impressionnantes les unes que les autres.

Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland
©Tomorrowland

Le plus grand et rutilant festival du pays n'est pas réputé pour sa finesse et son sens de la poésie. Alors, quitte à bourriner, autant y aller à fond et s'adresser aux spécialistes du genre : les producteurs néerlandais. À 17h30, le Sub Zero Project s'empare de la scène Youphoria, reconnaissable aux gigantesques champignons mauves qui la surplombent.

Thomas et Nigel produisent ce qu'on appelle du Hardstyle, mélange ultra-puissant de trance et de techno, dont l'objectif principal est de défouler ses aficionados à l'aide de kicks, basses, et mélodies rassembleuses qui permettent à tout le monde de lever ses petits bras avant de taper du pied. Vous en avez déjà certainement entendu lors de vos séances de Crossfit.

Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland
©Tomorrowland

Les amateurs de subtilité risquent un AVC, mais niveau défoulement, c'est absolument imparable. Chaque titre dure quarante-cinq secondes, les deux Bataves hurlent en sautant sur leur petit strapontin, et l'assistance agite vigoureusement ses poings, de larges sourires aux lèvres. Ca sent bon le sport, le mâle alpha et la testostérone.

Trois chaleureux compères nous font d'ailleurs dix pompes juste après un pogo, lorsque l'espace laissé vacant dans la foule ne s'est pas encore refermé, histoire de démontrer, s'il le fallait encore, que leurs pectoraux impeccablement gonflés sont minutieusement entretenus.

Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland
©Tomorrowland

Un burger à 15 euros prestement englouti, "le petit bois" de la magnifique scène CORE est tout indiqué pour digérer en douceur devant la house bienvenue de Gerd Janson et DJ Tennis, avant un Rodhad bien brutal, et une Amélie Lens légère et sautillante tout en balançant une techno brute et impériale. Professionnellement, nous devrions migrer vers Tiesto et Hardwell, pour assister aux show de clôture sur la Main Stage, mais il y a beaucoup plus intéressant de l'autre côté du site.

Programmé trois vendredis de suite sur la Freedom Stage, Eric Prydz présente "Holo", un show audio et vidéo en 3D que l'on annonce spectaculaire. Le producteur suédois de 46 ans est coutumier du genre. Chaque année, il s'offre une nouvelle production en terre anversoise. Face à une salle honnêtement garnie, sans être complète, ce que l'on trouve totalement incompréhensible compte-tenu du show, il nous propose effectivement une expérience absolument extraordinaire.

Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland
©Tomorrowland

Bien planqué derrière une gigantesque structure métallique faite de milliers de capteurs, cellules LED et autres sources d'effets visuels, il plonge le public du festival dans univers 3D incroyablement réaliste et futuriste. Tour à tour, on se retrouve littéralement surplombé par un globe terrestre, survolé par un astronaute, ou coincé sous une gigantesque baleine à bosses.

L'effet est dingue, puissant. Médusée, l'assistance en oublierait presque de danser. Dans son gigantisme, parfois vulgaire et déstabilisant, Tomorrowland peut également offrir de grands moments

Eric Prydz amène... une baleine à Tomorrowland
©Tomorrowland
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