Incroyable, une femme clôture la Main Stage de Tomorrowland

La DJ belge Charlotte De Witte est devenue la première femme à jouir du statut de tête d'affiche sur la Main Stage du festival anversois.

Incroyable, une femme clôture la Main Stage de Tomorrowland
©Tomorrowland

Une femme, mesdames et messieurs. Une femme a eu l'immense honneur de donner le dernier set de la journée sur la Main Stage de Tomorrowland, samedi soir. Voilà, c'est fait, et ce fut largement relayé par l'organisation. En seize éditions, c'était une première. Signe que le monde de l'amour, des papillons et des biscoteaux a encore un peu de chemin à parcourir en termes d'équité. Sur trois week-ends, la présence féminine aux platines fut rarissime, sur les grandes comme les petites scènes.

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Notons notamment, la venue d'Amelie Lens, Monika Kruse et Indira Paganotto, trois superstars de la techno, à qui il convient donc d'ajouter l'inévitable Charlotte De Witte. Belge, brutale, ultra sollicitée dans le monde entier "Lotte" vient d'être officiellement consacrée reine de la soirée par la grande fête de l'EDM (Electronic Dance Music). Ce n'est pas rien, et Charlotte eut en outre l'immense mérite de donner une petite fessée aux milliers de badauds présents devant l'impressionnante structure, baptisée "The Reflection Of Love".

La Princesse Delphine de Saxe-Cobourg, fan de techno

Contrairement à la plupart de ses confrères programmés sur la Main Stage, Charlotte De Witte ne passe pas le plus clair de son temps à hurler "Trois, deux, un... Tout le monde lève les bras". Sa techno est dure, intense, peut éventuellement donner l'impression de se faire méticuleusement taper dessus à coups de marteau, mais parvient sans aucun problème à faire bouger les dizaines de milliers de personnes présentes sur place.

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Hasard ou non, samedi, fût également le jour choisi par son Altesse royale, la Princesse Delphine de Saxe-Cobourg pour venir danser à Boom (province d'Anvers). "J'adore la techno" aurait-elle déclaré au micro de VTM. Le reportage ne dit pas si la Princesse est passée par les scènes Bonzaï Records et The Rave Cave, pour voir si elle aime également le hardcore, mais nous l'avons fait pour elle.

Une cave pour les sauvages

En plein après-midi, pendant que les Italiens de Fideles infligent une house music mièvre et insipide à une audience tolérante, nous voilà donc dans la fameuse "cave". Toute petite, située le long de l'allée qui traverse le site, la scène la plus intransigeante de Tomorrowland est installée dans un petit passage sous-terrain. L'affiche nous est inconnue, mais avec des musiciens répondant aux doux noms de "Kozlov", "Ayahuasca" ou "Chaos X", on peut difficilement se tromper.

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Nos hôtes ne déçoivent d'ailleurs pas. La petite trentaine de personnes présentes sur place tape du pied et sue à grosses gouttes sur des missiles musicaux envoyés à 165 bpm (battements par minute). C'est fun, assumé et extrêmement bon enfant, à l'image de l'ambiance générale du festival, que l'on trouve plutôt charmante et bienveillante (terme à la mode).

Un short et un drapeau

Nous aurions aimé vous parler plus en profondeur de notre expérience dans la scène "Core", magnifiquement logée dans un bosquet, avec un décor évoquant les temples d'Angkor Vat (Cambodge), mais la jeune femme installée devant nous s'est offert une expérience typique. Soit le fait de monter sur les épaules de son compagnon, un drapeau à bout de bras. Notre champ de vision s'est donc essentiellement limité à un short en jeans et le coin gauche d'un drapeau argentin.

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Rien de bien grave, regarder le DJ est d'un intérêt limité. L'immense succès de Tomorrowland est, avant tout, d'avoir créé une ambiance, une sorte de "Gatsby Le Magnifique" version Basic Fit, incroyablement prenante et divertissante. En trois week-ends, 600 000 personnes sont venues festoyer à Boom. Nul ne sait si Tomorrowland parviendra encore longtemps à entretenir le mythe autour d'un événement gigantesque, inaccessible et extrêmement bien médiatisé. Mais à chaque fois, on se prend au jeu de ce grand parc d'attractions pour adultes consentants.