Under The Reefs Orchestra, des bas-fonds au sommet

Under The Reefs Orchestra mêle jazz et rock’n’roll attitude, impros cérébrales et explosions volcaniques. Rencontre, pour la sortie de l'intense Sakurajima.

Under The Reefs Orchestra, des bas-fonds au sommet
©David Delruelle - Capitane Records

Timidement installé sur la scène du Botanique, ce mercredi soir, Clément Nourry reste fermement dans son monde. Face au public de la Rotonde, le musicien n’a d’yeux que pour sa guitare, ses pédales, de temps à autre son batteur ou son saxophoniste, mais rarement son audience. Lancé en 2020, son projet instrumental - Under The Reefs Orchestra - ne se vit pas comme un concert classique, plutôt un "trip", un voyage, une escapade sonore et sensorielle à laquelle chacun a le loisir de se greffer à son rythme.

"Mon seul et unique objectif, en live, est de faire résonner l'audience avec cet univers" nous explique-t-il quelques jours après la release party de Sakurajima ***, deuxième et brillant album de la formation belge, sorti vendredi 23 septembre. "Notre musique part de quelque chose d'intime, un ressenti, une émotion, un élément invisible, qui - je l'espère - finit par vibrer dans la salle."

Last Guitar Hero

Tout cela sonne terriblement intello sur papier. Sur album et sur scène, en revanche, les choses se font avec une redoutable simplicité. Under The Reefs Orchestra mêle jazz et rock'n'roll attitude, impros cérébrales et explosions volcaniques. En bon fanatique de Jimi Hendrix et John Frusciante (période Blood Sugar Sex Magik), Clément Nourry s'offre d'épiques moments de bravoure à la guitare, venant irrémédiablement ponctuer de longues montées en puissance instrumentales. "Les gens nous décrivent souvent comme un groupe cinématographique, parce que l'idée est effectivement d'emporter, leur faire oublier où ils se trouvent".

Lui, voit sa musique comme "un volcan sous-marin". "Le côté sous-marin est présent depuis le début", développe-t-il face à nos yeux écarquillés. "Il y a la notion de noyade, de lenteur, le fait d'être submergé par une masse incroyable, à la fois écrasante et pleine de potentiel. Le volcan, c'est la force intérieure, le feu, l'explosion. Sur cet album, j'avais des envies de colère, de bordel, contempler quelque chose avant de faire tout péter".

Acquis au classique avant de virer rock, puis de se former au jazz au Conservatoire de Bruxelles, Clément Nourry assume ses envies avec une maîtrise et un goût de l'aventure aussi louables qu'assumés. L'apocalypse se mêle à la légèreté, le math rock au jazz spirituel. Sakurajima n'est autre que le nom d'un volcan japonais, patrie vulnérable constamment confrontée à la mort et à la destruction, dont elle a retiré un sens de la poésie d'une finesse absolue.

En concert à De Roma (Anvers) le 29 septembre.

Sakurajima Under The Reefs Orchestra jazz, post-rock Capitane Records.