PARIS

Il y a des chanteurs qui sont méconnus, d'autres connus et les meilleurs (en principe) reconnus. Johnny Hallyday, lui, est une star. «La» star. Des comme on n'en fait plus. Quel chanteur français de variétés peut, en effet, de nos jours, s'offrir comme théâtre d'une conférence de presse la grande salle des fêtes du prestigieux Hôtel de Ville de Paris pour annoncer à trois cents journalistes aux abois une mégatournée, cet été, d'une quinzaine de stades (en France, Belgique et Suisse) draînant quelque 850.0000 spectateurs et cela, rien que pour fêter ses 60 ans dont 43 de chansons? Personne, évidemment, sauf si on s'appelle Johnny et qu'on a un respect profond, mieux: une osmose réelle avec un public qui, pour une bonne part, a délibérement lié sa vie à la sienne.

60 semi-remorques

Donc Johnny remet ça. Pour ses 50 ans, en juin 1993, il avait enflammé le Parc des Princes pendant trois jours avant de se répandre en province avec une version de son spectacle adaptée aux structures qui l'accueillaient. Cette fois, il fait plus fort encore puisqu'il va se déplacer avec la version intégrale de son spectacle - «un fait unique au monde », a précisé son manager avec une certaine emphase, qui n'enlève rien à la lourdeur de l'entreprise.

Une tournée pareille, qui passera par le Stade Roi Baudouin le 18 juin prochain (il reste encore des places), représente, au bas mot, 260 personnes et 60 camions semi-remorques lancés sur les routes pour transporter 550 tonnes de matériel dont 6 km de câble. La scène elle-même pèse 200 tonnes, est large de 60 m, profonde de 25 m et se trouve à 27 m de hauteur. Autrement dit, les quatre écrans géants intégrés dans le décor, et visibles paraît-il de tous les sièges, ne seront pas de trop puisque l'on peut s'attendre à une mise en scène qui sera tout sauf intimiste. Pour cela, Johnny se rattrapera en novembre et décembre 2003 lors d'une tournée semi-acoustique intitulée, comme il se doit, «Plus près de vous», mais qui ne devrait pas passer par la Belgique.

25 millions d'euros

Evidemment, tout cela coûte: «pas loin de 25 millions d'euros», a lâché, en coulisses, Jean-Claude Camus, le producteur. «Vous pouvez compter que cela représente un peu moins d'un million d'euros par spectacle.» Alors, autant rentrer dans ses frais. Pour ce faire, la production a multiplé les partenariats avec les villes en termes d'échanges voire de places vendues à moindre prix pour favoriser les plus démunis. Ce qui a fait pousser à certains de hauts cris, hurlant à la démagogie, mais Johnny fait tellement partie du patrimoine français que pas mal d'élus ferment les yeux. En outre, pour casser le marché noir, 500 places seront laissées en dernière minute, dans chacun des sites.

Motus et bouche cousue sur le contenu du spectacle, bien sûr. Il devrait être composé d'une trentaine de chansons et de quelques duos (à Bruxelles, ce devrait être avec Natacha St-Pierre, Garou et Jenifer) et la star devrait arriver par les airs - «même si j'ai le vertige». Surprise: la première partie sera réservée à un groupe rock et à...Yannick Noah. Dix ans après sa finale à Roland-Garros, qui l'eût cru?

La tournée débutera le 3 juin à Nancy pour se terminer les 2 et 3 août à Baalbeck, au Liban. Il reste encore des places pour Nancy, Bruxelles, Genève (28 et 29 juin), Strasbourg (22 juin), Lyon (1er et 2 juillet) et Saint-Etienne (22 juillet). Renseignements dans les points de vente habituels.

© La Libre Belgique 2003