A la mode d'Adamo

Musique & Festivals

PAR DOMINIQUE SIMONET

Publié le

A la mode d'Adamo
© DE TESSIERES

ATMOSPHÈRE

A peine enfoncés dans le sofa, le temps de croquer quelques pommes-chips présentés avec gentillesse par Madame Adamo, que déjà le téléphone sonne. C'est Salvatore signalant qu'il vient d'entrer dans le bois. Oui, les journalistes sont déjà là; il est vrai que nous avons un chouia d'avance.

La demeure que possèdent les Adamo dans la banlieue sud de Bruxelles ne se signale ni par une quelconque originalité, encore moins par une arrogance: ce n'est pas le genre de la maison. A l'entrée, une piste de boules en dit long sur l'état d'esprit méditerranéen régnant dans les parages. Bon à savoir pour vous, Monsieur Henri Salvador, des fois que vous auriez une envie de taquiner le cochonnet lors d'un de vos passages à Bruxelles.

Aux boules à l'extérieur correspond le billard du salon. C'est un des deux dérivatifs de stress pour Salvatore. L'autre, c'est la peinture. Selon sa femme, il peut s'y adonner quasi sans discontinuer pendant deux ou trois jours, avec une certaine frénésie, remettant sans arrêt sur le métier son ouvrage jusqu'à contentement.

A nouveau sonne le téléphone, Salvatore progresse dans le bois, il sera là dans cinq minutes, le temps d'apprendre encore que tout va bien pour les deux grands fils: après un diplôme de lettres, le premier, 30 ans, vient de décrocher un emploi de pilote moyen-courrier; le second étudie la communication à Londres, tout en tâtant de la musique.

Le chien au pelage sombre qui sommeillait s'ébroue; celui que Salvatore a un jour trouvé errant et ramené d'un séjour dans le Midi s'en va accueillir son maître. Ambassadeur de l'Unicef, le chanteur vient juste d'enregistrer la voix pour un spot radio et un clip télé au profit de l'Inde sous les éboulis. Contrairement aux pubs pour shampooing ou crème au chocolat, pas besoin de montrer de visage ou de préciser qui parle: la voix est la signature d'Adamo.

Comme peut l'être son incorrigible modestie. A ce long entretien, il se prête en toute simplicité, hors de tout langage préformaté lors de quelque réunion marketing préparatoire, comme c'est trop souvent le cas de ce business.

Quand, après avoir longtemps parlé peinture, il sent poindre en nous quelque curiosité et se décide: «Allez, je vais vous montrer», c'est avec une fierté toute juvénile qu'il s'en va quérir ce paysage un peu Matisse ou cet autre un peu Van Gogh. Maestro en chanson, un Salvatore Adamo assume sans aucun problème son rôle d'apprenti en peinture.

© La Libre Belgique 2001

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