Annoncé par la maison de la culture de Namur comme accompagné par The Delano Orchestra, Jean-Louis Murat s'est pourtant présenté vendredi 16 octobre en formation réduite, comme en février dernier, au Botanique de Bruxelles. La formation et le chanteur ont entamé leur collaboration en 2013 à l’occasion des cinquante ans de France Inter, laquelle s’est poursuivie sur « Babel », double album paru il y a tout juste un an, désormais en tournée. Sur scène, Murat est épaulé par un trio de musiciens de base: basse, percussions et claviers. On était pourtant impatient d’écouter les cuivres de Julien Quinet qui donnent à « Babel » une couleur intéressante.

De « J’ai fréquenté la beauté » à « Tout m’attire », Jean-Louis Murat aura égrené quatorze titres (tirés du dernier album mais aussi inédits) entre nostalgie et fausse nonchalance. L’harmonie musicale entre le chanteur et le groupe est indéniable, et leur complicité naturelle. Le résultat est plus engagé et énergique que dans la version studio. Mais, même en tendant l’oreille et en se concentrant à l’extrême, les paroles prononcées par le chanteur ne sont que rarement compréhensibles. En résulte un salmigondis que seuls ceux qui connaissent les chansons par cœur auront pu décrypter. Sur scène, l’ambiance est chaleureuse malgré un jeu de lumière peu convaincant. Quant au public, trop sage, il ne répondra pas à l’invitation du bassiste de taper dans les mains sur un titre jazzy inédit (qui pourrait s’intituler « Quel malheur pour des parents »). Mutique, Murat ne fait rien pour communiquer avec la salle : il faudra attendre le titre de rappel pour qu’il lance une pirouette à propos des exploits de nos Diables Rouges. Après une bonne heure de prestation où la bonne musique a supplanté les mots, la soirée s’achève sur un goût d’inachevé.