Curieux mélange, samedi en début de soirée, dans la HF6. Des grappes d'ados, d'un côté (des filles surtout), squattant depuis le début de l'après-midi les premiers rangs de la grande halle en vue du spectacle que l'excentrique diva hip hop Nicki Minaj devait offrir en fin de soirée. Un public plus tout jeune, d'autre part, venu s'offrir là une tranche de “classic rock”, made in England dans un premier temps (l'Américain Iggy Pop suivrait plus tard). Il ne fut pas déçu. The Charlatans (fleuron de la Madchester) et ensuite Paul Weller (modfather chéri des Anglais, parrain de la britpop) ont assuré le show, offrant de belles salves électriques et vocales, chacun dans leur genre. Jolis flux d'orgues psychés par ici, solides solos de guitares (et double batterie) par là. Coupe de cheveux bizarroïde pour le “Charlatan” Tim Burgess (façon Andy Warhol ou Agnès Varda, mais couvrant les yeux et le nez), style plus class(iqu)e pour Paul Weller. L'un (48 ans) et l'autre (57 ans) ont interprété quelques titres de leur dernier album respectif, mais surtout puisé dans leur répertoire des années 90. Paul Weller est même remonté jusqu'aux années 80, offrant un titre de chacun de ses ex-groupes The Jam et The Style Council.

Un public plus éclectique et familial était aussi présent ce samedi, sans doute attiré par le très populaire Charlie Winston. L'Anglais se produisait dans la plaine à la plus belle heure (20h, soleil rasant, petite brise, public nombreux et encore frais). Même légèrement handicapé par un mal de gorge, le chanteur au sourire ravageur n'a eu aucune peine à rallier le public à sa cause, avec ses sifflements mélodieux (“Lately”), ses mélodies bien torchées, des arrangements plutôt percutants, quelques poignées de mains dans le public et son imparable “Like a hobo”, joliment amené et revisité.

Auparavant, dans la même plaine, l'excellent (mais moins celèbre) Benjamin Clementine, désormais entouré de trois musiciens, eut plus de mal à capter l'attention du public. Une prestation intense, pourtant, livrée par un chanteur totalement habité par son art, captivant conteur d'histoires et musicien à part (ne fût-ce que par sa manière, pas très académique, de jouer du piano). Mais une prestation peu adaptée aux grandes plaines festivalières et aux publics dissipés. Gageons que l'Anglais aura tout de même pu sentir la ferveur émanant des premiers rangs, où se serraient quelques dizaines de fans qui avaient été bouleversés par ses deux premiers concerts liégeois (aux Ardentes 2014 et au Parc en décembre).

Belle journée aux Ardentes, décidément, qui attendaient encore leurs têtes d'affiche Iggy et Nicki, et les rockeurs survoltés The Hives.


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