Après l'après midi tropicale que nous avions passé en cette deuxième journée ardente, et les prestations successives de Roméo Elvis et Damso qui nous donnèrent encore plus chaud, la barre avait été placée très haut. Premiers à devoir la sauter en début de soirée, les frangins Rae Sremmurd allaient s'en acquitter sans la moindre difficulté. Comme Tom Sawyer, Aaquil Brown (alias Slim Jxmmi) et son cadet Khalif (alias Swae Lee) ont grandi sur les rives du Mississippi. A 26 et 25 printemps, la paire s'est déjà faite une place sous le soleil hip hop d'Oncle Sam et semble suffisamment impliquée/appliquée en live sur le Vieux Continent – ce qui n'est pas toujours le cas – pour que leur succès traverse l'Atlantique. Vendredi soir, entre les arbres du Parc Astrid comme en promenade dans leur jardin, ils auront livré l'une des meilleures prestations du week-end au rayon rap américain.

© GUILLAUME JC

Autre endroit, autre style. Sur la plage de graviers de la Wallifornia Beach, l'allumé Desiigner s'ébroue comme d'accoutumée. Le protégé du parrain Kanye a du talent. Bien que sa propension à être défoncé et surexcité en permanence est aussi divertissante qu'éprouvante. Mais cela n'a pas empêché la plaine de sauter pieds joints et bras en l'air sur son imparable "Panda", et l'on a presque frôlé une sympathique émeute quand l'ami Sidney Royel Selby eut l'idée de s'offrir un petit bain de foule et une ascension de la structure métallique de son collège ingé. Peu de finesse mais un plein d'énergie et beaucoup de satisfaction.

© Michel Tonneau

Ne restait plus qu'a attendre l'arrivée du gourou de la dancehall et du ragga mainstream pour conclure cette excellente journée. Sean Paul, né à Kingston, ne souffre d'aucune discussion côté pedigree. La musique de sa Jamaïque, il l'a popularisé, parfois travesti, vulgarisé mais surtout dispersé aux quatre coins du globe depuis deux décennies. Alignant les tubes et les succès comme d'autres enfilent des perles. Samedi, de tous ses hits il nous aura gratifié. De classiques comme "We Be Burnin" ou l'inévitable "Get Busy", à ses travaux plus récents comme "No Lie" avec Dua Lipa ou "Baby Boy", sans Beyoncé mais tout aussi caliente. Les sourires ont poussé, la sueur a coulé, les hanches ont déroulé et les Ardentes ont dansé, toutes générations confondues. Une belle fête populaire. Et ce n'est pas un gros mot.