23h15 : des familles entières ont dû patienter jusqu’à cette heure tardive avant de voir Stromae commencer son concert. Une attente parfois longue pour des gamins qui ont afflué au fur et à mesure que l’après-midi disparaissait. Et vu le rajeunissement des cadres, l’artiste belge attire manifestement un public varié, impatient de voir comment celui qui est actuellement au sommet de la hype s’en sort sur scène.

Il fallait donc faire patienter certains qui se sont hasardés à jeter un œil à des artistes qu’ils ne connaissaient peut-être pas. Mark Lanegan, vieux pote de Kurt Cobain ou de Josh Homme, en faisait peut-être partie. Bonnet noir vissé sur la tête, l’Américain a balancé un set tout en angles, tirant une tronche sur laquelle aucun sourire n’a plus transparu depuis des lunes. The Gravedigger’s song, Harborview Hospital ou Phantasmagoria Blues ont pourtant une puissance incroyable, soulignée par la voix caverneuse de l’ex-chanteur de Screaming Trees.

Les familles auront peut-être davantage apprécié les trois filles d’Au Revoir Simone et de leurs petites jupettes. Trois New-Yorkaises pour faire apprécier un pop lo-fi tout claviers sortis.

Plus tôt, certains auront pu également savourer l’énergie des deux gamins de The Bots ou l’univers mélancolique de Thomas Médard qui s’est offert une respiration en-dehors de Dan San. Le Liégeois a bossé comme un dingue pour sortir un album réussi qui vaut également le détour en live.

Comme le concert de Timber Timbre, alias Taylor Kirk. Un univers aux arrangements soignés qui ne peut que faire mouche.

Comme un concert d’IAM qui met tout le monde d’accord avec des titres comme Petit Frère ou l’incontournable Je danse le MIA . Avec un petit côté kitsch que les Marseillais assument depuis longtemps. Une heure, des paroles reprises en chœur par le public même pour Face B, un titre qu’ils ont moins l’habitude de jouer, et l’affaire était bien pliée. Place à Stromae, l’autre maestro du jour…


Placebo, sans surprise, sans effet

Brian Molko assure le coup mais sans jamais faire décoller l’ambiance. Quelques jours après avoir joué à Rock Werchter, Placebo était de retour en Belgique comme tête d’affiche des Ardentes. Et, à nouveau, le trio (renforcé sur scène) a assuré le coup devant un parterre plus que bien fourni.

Avec une vingtaine de titres en une heure et demie de concert, Brian Molko et Cie ont privilégié l’efficacité à l’émotion, ne laissant pas vraiment transparaître une immense joie. Avec Meds, Song to Say Goodbye, Special K ou The Bitter End joués avant le rappel, les rockeurs n’ont pas lésiné et ont gâté leurs fans mais ceux-ci pouvaient un peu rester sur leur faim. Depuis quelques années, les concerts de Placebo sont assez convenus, sans réelle surprise. Positive ou négative.

Vitalic, lui, aux petites heures, a mis le feu. Avec un batteur et un claviériste et souligné par un jeu de lumière impressionnant, le Dijonais a présenté VTLZR, son nouveau show qui a fait vibrer des milliers de festivaliers encore secoués par la maestria du Français.