La chanteuse de 17 ans a largement répondu aux attentes, dimanche midi au Pukkelpop, face à un public de jeunes filles en délire.

La Main Stage du Pukkelpop (Hasselt) est généralement déserte, en début d’après-midi. Mais ce dimanche, la grande plaine qui lui fait face est bondée, pleine à craquer. Une bonne demi-heure avant le début du concert, des hordes de jeunes filles se poussent et s’entassent aux premiers rangs en hurlant le prénom d’une petite demoiselle de 17 ans.

© JC Guillaume

Billie Eilish, inconnue au bataillon il y a encore deux ans, a déferlé sur le monde de la musique avec son premier album (When We All Fall Asleep, Where Do We Go, 2019), et contraint tous les festivals qui l’avaient programmée sur de « petites » scènes à revoir leur jugement pour éviter des mouvements de foule et autres suffocations en chaîne.

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Le grand Glastonbury britannique l’a décalée en début de soirée. Notre Pukkelpop a fort heureusement trouvé une parade suite à l’annulation du groupe de punk-pop Good Charlotte, pour faire jouer l’Américaine sur la scène principale et non le Dance Hall prévue initialement, quitte à déplacer les foules en tout début de journée. Et les organisateurs ne s’y sont pas trompés : Billie a bel et bien livré l’une des performances les plus marquantes de l’été.

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Du haut de son mètre soixante, la tête d’affiche la plus attendue du festival, fait son entrée sur Bad Guy. Verte de la tête aux pieds, Billie assume, assure, saute dans tous les sens. Difficile d’entendre sa voix, d’ailleurs, les milliers de fans présents sur place hurlent chacune de ses paroles dans une ambiance délirante. La plupart des programmateurs du pays sont présents dans l’allée centrale, Chokri Mahassine lui-même, directeur du festival, se presse entre ses équipes de sécurité pour assister au début du show, rapidement rejoint par une série d’artistes, dont la rappeuse Tommy Genesis, qui vient tout juste de terminer son set à côté.

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La musique d’Eilish est une affaire de famille, son père s’assure que tout est en ordre sur scène, son musicien et producteur de frère est présent à la basse et aux claviers, un batteur est installé à quelques mètres de lui, et le reste de la Main Stage est dégagé pour cette tornade de Billie qui maîtrise totalement l’exercice. Tantôt crâneuse, tantôt sensible, elle passe sans aucun souci de la pop bon teint (My Strange Addiction) à ses compositions plus « musclées » (You Should See Me With A Crown, Copycat) et trouve l’équilibre idéal entre comportement naturel et tics de stars pour stimuler l’audience.

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Comme souvent, en pop, tout est doublé, mais Eilish a une voix, et cesse deux secondes de gesticuler pour la faire entendre sur I Wish You Were Gay puis When The Party Is Over. On aime, on déteste, mais quel que soit son avis, on ne peut que s’incliner devant sa maîtrise totale et son univers singulier. Très peu d’artistes parviennent à fédérer plusieurs générations. Ce premier album, lui, semble faire chanter et danser tout le monde.