Ses passions l'ont amené à bien connaître Bruxelles et à se voir priver de permis de conduire.

Christophe a toujours été là où on ne l’attendait. S’il figure sur la fameuse “photo du siècle” prise par Jean-Marie Périer en 1966 avec toutes les stars des yéyés, le chanteur a assez vite pris ses distances avec le mouvement pour se muer en expérimentateur musical. Lunettes de soleil sur le nez, il fait déjà bande à part, placé tout en bas à droite sur le cliché. Ce n’est là que le début d’une vie passée à brouiller les pistes, à ne rien faire comme les autres. Aux oubliettes les rappels lors des concerts, parce qu’ils font perdre du temps. Et quand toutes les stars passent leur temps, du moins en apparence, à éviter les médias people, lui se rend volontiers dans les émissions qui affichent la couleur comme L’instant de Luxe sur la chaîne Non Stop People pour évoquer ses passions et parler cash comme il savait si bien le faire.

Pionnier des synthétiseurs

Le chanteur n’a jamais non plus caché ses passions pour les machines. À commencer par les synthétiseurs et autres engins du genre. Christophe est tombé dedans en 1971, à Londres, lorsqu’il enregistrait dans la capitale britannique. Il affirme même qu’ils l'ont sauvé, lui qui se voyait moins en chanteur qu’en ingénieur du son. “Je n’aime pas chanter a cappella, tout ça. Ça n’a aucun intérêt, c’est nul, lâchait-il dans une interview accordée au magazine Trax en 2017. Ce qui me plaît, c’est d’entendre quelque chose de très sophistiqué et que j’ai réglé. Je fais des mots pour déclencher des sons, ce n’est pas du tout la même chose.” Pionnier des synthés en France, il reconnaissait vouer un amour immodéré aux sons électroniques et au travail en studio, au point d’avoir transformé son appartement parisien en caverne d’Ali-Baba pour musiciens. Cet intérêt pour les machines remonte à son enfance. Adolescent, il bidouillait déjà des sons enregistrés sur le magnétophone familial avant de découvrir le potentiel créatif des effets de réverbération et les échos dans les années 60.

Collectionneur de juke-box

Chez lui, dans son antre parisien, à côté des instruments de musique vintages ou du dernier cri, trônaient ses juke-box qu’il aimait tant. Christophe en possédait au moins sept, dont celui ayant appartenu au regretté Coluche, un Wurlitzer 1050 de 1971. Tous fonctionnels, ils étaient bourrés de 78 tours dénichés aux puces. Et c’est à Bruxelles, que le chanteur venait souvent chiner pour trouver ses disques et les pièces nécessaires à la restauration ou à la réparation de ces précieuses machines. La place du Jeu de balle à Bruxelles n’avait aucun secret pour lui. Du moins avant qu’il ne soit privé de son permis de conduire.

Une vie à 340 km/h

Si Christophe était possédé par un démon, c’est bien celui de la vitesse. Il ne s’en cachait pas, il appréciait plus que tout filer à toute allure et se vantait de ne jamais avoir eu le moindre accrochage. “Pas même un dérapage”, disait-il. Cela ne l’a pas empêché de se voir retirer son permis de conduire au début des années 2000 pour excès d’excès de vitesse...

Avant d’être privé de volant, il s’était fait plaisir en s’offrant les plus beaux châssis. Des Bentley, des Ferrari, des Porsche, des Rolls et sa fameuse Lamborghini Miura. En 2013, il confiait au Journal des femmes avoir possédé une Cadillac dont il avait lui même créé la couleur, référencée “La Christophe”. Un blanc nacré qui donnait à la voiture des reflets roses. Déjà tout un programme.

Mais c’est avec le succès d’“ Aline” que Christophe a réellement pu commencer à assouvir sa passion pour les bolides. Il s’en était ouvert dans l’émission L’instant de Luxe sur Non-Stop People. “Je réagis comme quelqu’un de normal, qui est plus content du succès d’une musique plutôt que de l’argent que ça va me rapporter et qui me permet, puisque je suis fan de bagnoles, d’acheter des voitures” Son premier achat a été une Austin Cooper S. “Un petit truc qui traçait bien”, avait-il souligné ce jour-là. Sa amourcpour les belles mécaniques et la vitesse l’a même conduit à participer à des compétitions automobiles. Mais à défaut de succès sur les pistes, il a consacré à cette passion plusieurs titres dont “Enzo” qui rend hommage à Ferrari, “Cœur défiguré” ou “Stand 14” sur l’album Aimer ce que nous sommes.