Musique / Festivals

Troubadour bricolo. Drôlement attachant, ce Mathieu Boogaerts. Un univers en soi, doux-amer, un peu dada, peuplé de mots (français et anglais de cuisine) et de sons qui se détricotent, se répètent et s’entrechoquent tout en douceur, sans grandiloquence, dans un style finalement assez sensuel. Porté, mine de rien, par des rythmiques entêtantes - d’autant plus quand elles ont été composées à la batterie, comme c’est le cas sur son dernier album, "I love you" - mâtinées d’accents funky, reggae. Point d’emballage ni d’artifice : Boogaerts se dévoile sur une scène toute nue. Rien que lui et ses trois musiciens-choristes, montés sur roulettes pour mieux glisser et redessiner l’espace scénique à chaque chanson. On songe à Mathieu Chedid (un ami d’adolescence), à Albin de la Simone, à Katerine, voire au Nino Ferrer de "Oh ! Hé ! Hein ! Bon !" ? Encore quelque morceau interprété seul, à genoux, et "Ah c’que c’est dommage", le voilà parti. Mais voici venir "Cali nu". On confirme: un spectacle magnifique.