Le Brussels Summer, cour de récré des groupes pop

Au BSF, il y a un public pour chacun des groupes programmés. De Milky Chance à Suede en passant par Ozark Henry (photo).

Marie-Anne Georges
Le Brussels Summer, cour de récré des groupes pop
©REPORTERS

Comme l'a chanté Brett Anderson, le leader de Suede, samedi soir. Au BSF, il y a un public pour chacun des groupes programmés. De Milky Chance à Suede en passant par Ozark Henry (photo).

Décidément, cette place des Palais en émoustille plus d'un. Reconnaissons qu'on ne s'attendait à voir Brett Anderson, le chanteur de Suede, déployer autant d'énergie sur scène. Mat Bastard (Skip the Use)-Brett Anderson même combat? Suede, c'est ce groupe pop de la grande époque brit des années 90 qui a côtoyé Pulp, Blur ou Oasis. En programmant Suede en tête d'affiche samedi soir, il n'était pas question, a priori, de nostalgie, les cinq Londoniens ayant sorti au printemps 2013 une excellente 6e galette, « Bloodsports ». Pour le BSF, le groupe a surtout puisé dans sa riche discographie les tubes et hymnes fédérateurs.

De nouveau, on retrouve aux premiers rangs – car c'est là qu'il faut être si l'on veut apprécier les concerts à leur juste valeur – les fans de la première heure, qui reprennent en choeur « Trash », « Animal Nitrate », « Beautiful Ones » et, sans doute le plus connu, « We are the Pigs ». Etait-ce délibéré? Toujours est-il que Suede a justement entamé sa prestation, samedi soir à Bruxelles, par un « Europe is our Playground » et l'a terminée par « Saturday Night ».

Il semble loin le temps où Brett Anderson, se la jouait glam, anneau à l'oreille et mèche jais. A presque 47 ans, l'homme place son excentricité ailleurs. En se déhanchant sur les baffles, en mouillant sa chemise sur des morceaux ardents et endiablés, en faisant tournoyer son micro comme un lasso voire en descendant de la scène pour rallier le tout premier rang s'agglutinant contre les barrières Nadar – mais cela ce n'est pas une nouveauté. Tout comme n'est pas neuf non plus le pathos dans lequel il aime se complaire, « Sometimes I'll feel I'll float away » à l'appui. On aurait préféré entendre « Faultlines », chant du cygne qui clôt royalement « Bloodsports ». Peut-être que la sono beaucoup trop sourde aurait empêché de goûter pleinement à la sensualité de la voix d'Anderson. Ceci dit, tout au long du concert, l'on aura quand même pu apprécier la guitare de Richard Oakes, sans qui rien ne serait. Ou presque.

Plus tôt dans la soirée, un autre groupe belge ouvrait les festivités, Fastlane Candies suivi du duo Milky Chance. Clemens Rehbein et Philipp Dausch sont allemands. Le premier est chanteur et gratteur de cordes, le second DJ. Ils sont les heureux détenteurs de rengaines pop ensoleillées au « phrasé blasé et au grain de voix fumé » (voir notre article du 17 février dernier en cliquant ici) que l'on a pu apprécier à leur juste valeur au moment où le soleil déclinait.

Entre les deux, c'était Ozark Henry aux projets musicaux qui sortent de l'ordinaire. Sur scène, il est accompagné d'Amaryllis Uitterlinden. Sont-ils, comme le titre de son album le signifie, des « incurable romantics »? Au début, flirtant avec une approche conceptuel et assez martial, et plutôt désincarnée, le Flamand aura l'heur de ne pas s'y confiner, voire même de s'y extirper, faisant monter son set en puissance.




A ne pas manquer au BSF ce dimanche 10 août place des Palais: Go Go Berlin, James Arthur, Arsenal et le groupe Texas.