BSF: des Belges à suivre

Comme la plupart des festivals belges, le BSF accorde une belle place aux artistes du terroir. Broadcast Island et Kennedy's Bridge se sont produits au Magic Mirrors.

Marie-Anne Georges
BSF: des Belges à suivre
©BELGA

De la pluie et du beau temps, le Magic Mirrors, un des quatre espaces où se déploie la musique du Brussels Summer, n'a que faire. Installé place du Musée, ce joli chapiteau en bois, accueillait, mardi, la soirée « A la française », 4e du nom, orchestrée par une grande maison de disques. On y faisait la file. Mercredi, deux tout jeunes groupes belges, Broadcast Island et Kennedy's Bridge s'y sont produits avant les Français de Deportivo.

Comme la plupart des festivals belges, le BSF accorde une belle place aux artistes du terroir. Débutants comme un peu plus aguerris. Que l'on se souvienne de « The Feather », Fastlane Candies ou Gandhi sur la place des Palais la semaine dernière. Depuis le début de l'année, les Bruxellois de Broadcast Island accumulent les premières parties et celle du concert des Stypes, en avril dernier fut une belle opportunité. Leur pop-rock que le chanteur qualifie parfois de « naïve » n'est pas sans évoquer, par moments, les Smiths. Ce n'est pas par hasard que ce dernier arbore un tee-shirt portant comme inscription « Je ne suis pas Morrissey ». En toute fin de set, deux potes viennent en renfort munis de leurs cuivres. Broadcast Island vient de sortir leur premier EP en vinyle, « L'île du plaisir ». Un groupe à suivre.

Il y a du monde pour Kennedy's Bridge. Originaires de Liège, les cinq membres ont certainement tirés leur nom de groupe du pont éponyme qui traverse la Meuse au centre de la ville. Pierrot, Bastien, Guillaume et consorts ont la vingtaine et sont dans la musique depuis ... 2008. En 2012 le groupe a emballé les réseaux sociaux en diffusant sur Youtube leur premier clip avec la chanson «Way To The Mist» (150 000 vues), agréable, fraîche, légère et joliment pop.

Au printemps dernier, après avoir sorti un EP intitulé «Basics», ils mettent en images le titre «Finland». Leur set est truffé de refrains accrocheurs soutenus par la voix de Pierrot, que certains qualifient d'angélique. Ils seront au Botanique le 10 octobre prochain.

« Salut tout le monde, on s'appelle Deportivo ». C'est ainsi que peu après 22h, après avoir interprété « Domino », les Français se présentent. Dans un festival, le public est aussi composé de curieux qui ne connaissent pas spécialement les artistes à l'affiche. Evidemment, il y a aussi les fans de la première heure. « Domino » est le titre éponyme du 4e album sorti en octobre dernier que Deportivo a été acculé à auto-produire, lâché qu'il fut par sa maison de disques. Les morceaux s'enchaînent sans guère de temps mort. Difficile de résister aux inflexions de voix de Jérôme Coudane comme à sa guitare incisive. On savoure tout autant l’entêtant orgue vintage qui parcourt certains titres, quand ce ne sont pas des ondes bienvenues d’americana. On apprécie toujours autant le vent de liberté qui souffle sur chacun des morceaux. Sur certains, Jérôme n'hésite d'ailleurs pas à crier sa rage. Deportivo reprend Miossec (« Les bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement ») et fait aussi un clin d'oeil à Souchon (« La vie ne vaut rien »). Voici un groupe vital – qui n'est pas sans rappeler Noir Désir - dans le paysage parfois trop uniforme du rock en français.