Le Brussels Summer et sa soirée punk

Rescapés des années 70 et 80, The Bollock Brothers et Eddie and the Hot Rods sont toujours là. Certains avec plus de pertinence que d'autres...

Marie-Anne Georges
Le Brussels Summer et sa soirée punk
©JC Guillaume

A ce stade du festival – avant-dernier jour, samedi soir - , ce n'est plus animé par de l'amour mais par de la rage qu'on s'est rendu à la « soirée punk » qui se tenait au Magic Mirrors. Les jours précédents, dans les allées du Brussels Summer, cela glosait ferme sur la venue des Bollock Brothers et surtout sur celle d'Eddie and the Hot Rods. Ces deux groupes anglo-saxons ont laissé quelques souvenirs à une génération née dans les 60's voire même un peu avant. Le public, averti, n'est pas composé uniquement d'anciens combattants mais majoritairement quand même. Evidemment, on ne va pas dire que le chanteur Jock McDonald, dans le circuit depuis les années 80, n'a pas pris une ride. Cheveux blancs, enveloppé dans un costume écossais, on trouverait presque un séduisant air de crooner à cet Irlandais. Sa façon de poser les mots, dans un phrasé détaché, reste agréable à l'oreille.

Les Bollock Brothers, groupe qui fut à la charnière du punk et de la new wave, continuent d'être populaire en Belgique, en Allemagne et en France, où ils se produisent régulièrement. Du line up original ne subsiste que McDonald, qui ce soir-là, était entouré du guitariste écossais Chris McKelvey, en jupe de rigueur, du bassiste Richard Collins, du Belge Patrick Pattyn (ex Nacht und Nebel) et du Français Morgan Michaux aux claviers. Ce dernier étant, il va sans dire, une pièce essentielle du combo. Pris dans leur contexte originel, ces synthés des années 80 sont loin d'être aussi pourris que certaines copies d'aujourd'hui. Réputé à l'époque de sa splendeur par la reprise de Serge Gainsbourg, McDonald ne manquera pas d'interpréter « Harley David (son of a Bitch) », pour la plus grande joie du public présent.

Eddie and the Hot Rods, c'est une autre histoire. Eux, on les retrouve à la jonction du pub rock et du punk. Comme pour les Bollock Brothers, il ne reste du line up original que le chanteur Barrie Masters. « Why should I care anymore? » tempête-t-il. Le ton est plus musclé, plus direct, on y trouvera peut-être là réponse au physique plus « fit » de Barrie. Pour le reste, depuis « Teenage Depression » (1976) où le groupe avait encore sa pertinence, nos punks ne sont plus de la première heure, évoluant en 3e division. En fin de set, les voilà qui se la jouent « covers », reprenant notamment « Gloria » (Van Morrison/Them), « Born to be wild » (Steppenwolf) et même, en dernier rappel, « Johnny B. Goode » (Chuck Berry). Histoire de prévenir tout débordement, le Magic Mirrors, qui peut accueillir 400 personnes, semble avoir réduit sa capacité de moitié. C'est que le pogo a envahi le public qui saute de façon désordonnée en se bousculant. Et ce ne sont pas les vieux briscards qui le composent...