Le BSF se réinvente

C’est pas qu’il ne l’aimait pas, Manneken-Pis, mais comme logo du BSF, il trouvait que cela donnait une image un peu trop folklorique. Alors Denis Gérardy, le directeur du festival, en a commandé un nouveau.

M.-A.G.
Le BSF se réinvente
©REPORTERS

C’est pas qu’il ne l’aimait pas, Manneken-Pis, mais comme logo du BSF, il trouvait que cela donnait une image un peu trop folklorique. Alors Denis Gérardy, le directeur du festival, en a commandé un nouveau. Il représente un pentagone, multicolore et ouvert. Ce n’est pas le seul changement de forme. Etonnamment, cette 14e édition en compte pas mal. On peut y voir de premiers toilettages, en prévision de l’anniversaire de 2016. "La grande nouveauté, c’est qu’on ne commence plus le festival par la place des Palais, mais par le Mont des Arts et la Madeleine. Cela donne l’impression que le festival débute gentiment, même si, au vu des places écoulées, il y aura déjà beaucoup de monde qui affluera vers ces deux lieux" , se réjouit Denis Gérardy.

Une affiche difficile à boucler

En ce qui concerne l’affiche, notre interlocuteur avoue que celle de 2015 a été la plus compliquée à confectionner. Les organisateurs en sont venus à bout avec un mois de retard. "J’ai voulu rester dans l’enveloppe que je m’étais fixée (950 000 €). A un moment donné, j’aurais pu faire des offres sur des artistes qui, dorénavant, demandent des fortunes , relève M. Gérardy. On a préféré investir dans l’infrastructure. Les scènes de la place des Palais comme du Mont des Arts ont été repensées autant du point de vue de la visibilité que de l’esthétique." Comme les banderoles avec les noms des sponsors ( "qui ressembleront moins à la caravane du Tour de France" ), sans parler de la régie et du bar de la place des Palais qui ont été relégués sur les côtés, ce qui devrait améliorer les conditions d’accès de ce couloir étroit.

Cette année, on a beaucoup entendu parler des cachets des artistes. Patrick Wallens se désolant de ne pas pouvoir offrir Manu Chao à Couleur Café (il était allé jusqu’à 150 000 €); les Ardentes s’offrant Nicki Minaj pour 300 000 €.

Pour cette édition, Denis Gérardy garde une grosse frustration. Celle de ne pas avoir pu programmer Christine and the Queens. On comprend le désappointement de ce programmateur pour qui la fidélité aux artistes n’est pas une vaine notion. "Nous avons été les premiers à programmer Christine and the Queens. On l’a accueillie au Magic Mirrors en 2013. Il me semblait normal qu’on puisse l’avoir cette année sur la grande scène. J’ai fait de nombreuses propositions, mais les tarifs grimpaient tellement qu’à un certain moment, j’ai arrêté." Et Denis Gérardy d’évoquer une stratégie de marché (ouverture vers la Flandre) qui fait que Christine and the Queens a préféré Werchter et le Pukkelpop.

Provenance du public

Aussitôt, le programmateur cite des exemples qui lui réchauffent le cœur : Stromae ( "il venait de faire plein de dates, son premier album cartonnait, il s’est quand même produit car il considérait qu’il devait beaucoup au public bruxellois" ). Puggy, qui n’a jamais fait faux bond, Moriarty (qui revient cette année), Skip the Use.

Et le public, est-il fidèle, lui ? Connaît-on sa provenance ? "Grâce aux adresses courriel que les spectateurs sont obligés de donner quand ils achètent un ticket, on sait que 65 % proviennent de la Région bruxelloise, 30 % de Wallonie et de Flandre et 5 % de l’étranger. Marseille, Monaco, Londres, cette année. Il y a des niches aussi. Black M est suivi par un public originaire de France; les Américains de Flogging Molly (punk celtique irlandais) par des fans qui viennent d’Allemagne. Non, pas des Etats-Unis, n’exagérons pas…"


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