« On va faire des déçus » s'exclame, mardi soir, un garde de la sécurité devant la salle de la Madeleine sise rue Duquesnoy – espace couvert de plus de 800 places remplaçant dorénavant le Magic Mirrors, qui pouvait accueillir 400 personnes. La file est longue, en effet, pour assister au concert du chanteur belge d'origine flamande Daan. Aussi longue que la veille pour le Français Benjamin Clementine, qui sortait en début d'année un bouleversant premier album « At least for now ». Deux soirées complètes à la Madeleine.

Avant Daan, la salle est déjà bien achalandée pour Vincent Liben. Le leader de Mud Flow a sorti au printemps dernier, un 2e album en français, « Animalé », après « Tout doit disparaître » en 2009. Arrivée à 20h20, pour un concert annoncé à 20h30, on a cru avoir loupé le début, mais il ne s'agissait que du soundcheck. Depuis le début du BSF, une interrogation nous habite, lancinante, à chaque concert dans cette salle : d'où vient ce bruit sourd qui s'échappe des baffles? D'un problème de mixage, vraiment? Toujours est-il qu'il est préférable d'être dans les premiers rangs pour avoir la meilleure qualité d'écoute. Mais il n'y a pas de premiers rangs à l'infini... Très bien entouré (guitare, contrebasse, ravissante Lisa aux choeurs et chant), Vincent Liben nous a séduit – on s'était bien placé aussi -, mais qu'est-ce que l'on a été déçu par le son du concert de Daan! Il habite magnifiquement « Marie Jeanne », une reprise de Joe Dassin, mais celui qui ne connaît pas les paroles n'aura rien capté. Aux Francos, en plein air dans le Village, il avait laissé une tout autre impression. Et toujours, cet obsession: le public en festival est vraiment peu respectueux, parlant à tout-va, ce qui, dans une salle comme la Madeleine, est particulièrement désagréable – un bourdonnement supplémentaire.

La soirée de mardi a donc été placée sous le signe de la déception. Pas beaucoup de public au Mont des Arts pour les Belges d'Abel Caine, les Hollandais (chantant en néerlandais!) de Roosbeef jusqu'à Intergalactic Lovers (dès 22h30). Mais chacun des groupes donne sans compter, interagit avec les spectateurs présents. Problème d'affiche, de météo, de scène? Un peu des trois sans doute. Les ambulants, aussi, tirent la tête, c'est dire.

Ce soir, premier jour de la place des Palais, avec la Urban Night. A l'affiche Bigflo&Oli, Disiz et Black M. Finalement, elle sera accessible à tous les détenteurs d'un pass 10 days, alors qu'auparavant, elle faisait l'objet d'un ticket à part. Pour les festivaliers qui auraient acquis un Pass 10 Days et un ticket pour la Urban Night, un guichet spécial sera ouvert à la billetterie place des Palais afin qu’ils puissent être remboursés de ce dernier.

Des groupes « djeuns », du soleil et la place des Palais: tous les ingrédients sont réunis pour que la fête reprenne. Ou continue, à la Madeleine, avec la soirée Rectangle et les ineffables Benjamin Schoos, Sabino Orsini, Jacques Duvall, rejoints par la Québécoise Klô Pelgag.