Le rappeur du 92, tête d’affiche du deuxième jourau Brussels Summer festival, a proposé un concert très cadré mais quelque peu expéditif.

Aux alentours et à l’intérieur du site du Brussels Summer Festival, les agents de police sont plus nombreux et plus présents que le premier jour. Le programmateur de l’événement, Jeremy Callier, avait prévenu : la sécurité sera renforcée spécialement pour le concert de Booba. L’artiste est considéré comme "clivant" et un bon nombre de ses détracteurs aiment se rendre à ses concerts pour le déstabiliser. Il y a quelques années, plusieurs de ses shows ont d’ailleurs été sujet à incidents et débordements. Mais pas de tout cela hier soir au BSF, le concert s’est donné dans le plus grand calme.

© Douglas McWall

L’un des piliers du rap français déboule pile à l’heure, même une ou deux minutes à l’avance et entame "Attila", de son avant dernier album, Nero Nemesis (2015). Vêtu d’un k-way bicolore et casquette vissée sur la tête, Booba ne perd pas trop de temps à interagir avec le public. Celui que l’on surnomme le Duc de Boulogne veut exhiber une grande partie de sa discographie : plus de 25 titres seront présentés. Avec presque vingt ans de carrière, il en a des choses à montrer et pour ce faire, chaque morceau sera entaillé de deux minutes. Un choix compréhensible mais très frustrant.

"La piraterie n’est jamais finie !"

Son septième opus, D.U.C est passé en revue avec "3G", "OKLM" ou encore "Tony Sosa". A plusieurs reprises, Elie Yaffa coupe le son pour laisser chanter le public. Seules quelques personnes dans la foule sont capables de le suivre, ce qui crée de grands moments de blancs. L’audience du BSF est plutôt composée de curieux et d’observateurs que de fans pur jus. Le rappeur débitera sans doute bien plus que prévu pour éviter ce type de contrariété. Il peut toutefois compter sur le public pendant le romantique "Scarface", souvenir de 2011.

"Vous avez réussi à faire un pogo sur Scarface, vous êtes forts", lance en plaisantant B2O, visiblement surpris. Il va d’ailleurs charrier les festivaliers quelques chansons plus tard sur l’un de ses derniers morceaux, le titre calme "Arc-en-ciel" : "Vous allez encore faire un pogo ?". Ces petits moments d’interaction avec le public font du bien et prouvent que Booba n’est pas seulement là pour faire défiler ses chansons et récupérer son cachet. Entre quelques "izi" signature et sa devise "La piraterie n’est jamais finie", le vétéran du rap français rythme la soirée à coup de gorgées de son propre whisky baptisé DUC. Il en fait d’ailleurs profiter le premier rang. Le concert est posé, bon enfant, sans pression.

"Vous êtes prêts pour l’octogone ?, "Il est où Damso ?" : Booba reste Booba

Rares sont les concerts de Booba sans quelques invités. Médine est le premier à le rejoindre sur la scène pour interpréter leur titre "Kyll". Bridjahting et Gato l’accompagnent ensuite pour "Mové Lang". Le jeune rappeur Maes vient par la suite présenter le dansant "Madrina" qu’il partage avec le Duc. Au tour de son petit protégé, Bramsito, de le retrouver pour le tube zouk "Sale Mood". Tous les guests resteront alignés sur la scène jusqu’à la fin du concert.

© Douglas McWall

"Vous êtes prêts pour l’octogone ?", s’exclame le rappeur de 42 ans qui annonce que les billets pour son combat de boxe contre Kaaris qui aura lieu en novembre prochain seront mis en vente le mercredi 21 août. Il interprète ensuite "Kalash", le featuring avec son ennemi qui date de 2012, en ne chantant que son couplet et en effaçant toutes traces de Kaaris. Booba va également taquiner légèrement le rappeur bruxellois avec lequel il est en guerre depuis quelques années : "Il est où Damso ? On est chez lui mais on est chez nous". "Validée", "Médicament", "DKR", "PGB", le concert se termine sur des sons aux sonorités plus afro-caribéennes. Booba a fait le taf et c’est plutôt bien exécuté, mais sans réelle mise à nu ni prise de risque.