Grande nouveauté, cette année, les premiers concerts du Brussels Summer Festival prennent place au Mont des Arts – la place des Palais, ce sera à partir de mercredi. Pour commencer en douceur, avait expliqué son directeur Denis Gérardy. C'est de cette façon que la soirée de vendredi débute, en effet. Même du côté de la météo – à laquelle on est inévitablement attentif dans un festival en plein air -, les pluies d'orage ont eu la politesse de ne pas s'inviter et les températures sont clémentes. Entamée en douceur, la soirée de vendredi se terminera dans la liesse grâce à un Charlie Winston en pleine forme.

Douglas Firs, c'est Gertjan Van Hellemont. Bony King, c'est Bram Ban Parys. Le premier, Gantois, ouvre les festivités au Monts des Arts devant un public clairsemé. Cela ne démonte guère le singersongwriter flamand au look de Dylan jeune (tignasse bouclée, Ray Ban solaire et chemise en jeans). Un look parfait pour distiller sa musique influencée par les grands genres que représentent le blues, le folk ou l'americana. Il en veut et cela se sent. En voilà un qui n'usurpe pas son pseudo anglophone (qui signifierait sapin de Douglas ou pin de l'Oregon). Son set terminé, on le retrouve aux côtés de Bony King, à la Madeleine. Il fait chaud dans la salle rénovée de la rue Duquesnoy et le billet boisson offert à l'entrée est une plaisante attention.

Bony King a simplifié son nom de scène en tombant le « of Nowhere ». Il est originaire de Gand, également. Décidément, un vivier plein de talents, cette ville. C'est à Los Angeles qu'il a enregistré son 4e album, « Wild Flowers ». Ce qui ouvre des espaces à son folk, plus nerveux. Soutenus par une ensorcelante pedal steel et des claviers aux résonances d'orgue, les compositions de Bony King sont pleines d'atmosphère. On apprécie cette nouvelle salle, son acoustique, moins la visibilité, quand elle est remplie. Regrets éternels à l'ex-Luna (Kaaitheater) et son sol incliné...

Retour au Mont des Arts. Pas en ligne droite, mais par l'Horloge. Great Mountain Fire est aux commandes. Le public, déjà en nombre – c'est un peu comme si le quintet bruxellois assumait la première partie de Charlie Winston -, réserve un accueil chaleureux. « Emotion ce soir de jouer au Mont des Arts ». On peut compter sur eux pour mettre l'ambiance nécessaire avant le gentleman anglais. Ils ont envie de mouiller leur chemise (très folklo), de tout donner, de montrer ce dont ils sont capables. Ils viennent de sortir un second opus « Sundogs » (http://bit.ly/1ISsy2k), 4 ans après « Canopée ». Deux albums aux genres différents, mais ce soir, une même énergie les rassemble, leurs guitares galopent et tourbillent. En conviant les talents du percussionniste Andrew Van Ofstade (ex School is Cool) voilà nos Bruxellois qui offrent une envoûtante plage musicale, aux effluves tropicales.

Avant la star du soir, un petit détour par la Place du Musée, histoire d'éviter les énormes files au bar. Une demi-bonne idée. Le bar est en effet vide, mais même en passant derrière l'écran, ce que tout le monde ne fait pas, on a juste l'impression de déranger la projection de « West Side Story », et son public ayant pris place sur une cinquantaine de transats, ainsi que sur des bancs confectionnés à partir de palettes en bois.

« Bruxelles, ça va? » Charlie Winston débarque. Tout au long de son concert, l'Anglais s'adressera la plupart du temps au public bruxellois en français, l'homme ayant vécu quelques années à Paris.

Charlie Winston, c'est la classe (ses costumes, son chapeau), c'est un showman (sur scène comme dans le public où il effectuera une descente afin de grimper, toujours élégamment, sur les poteaux de signalisation avant de terminer sur la statue de la reine Elisabeth !) C'est aussi une poignée de tubes (« Like a Hobo » « Hello Alone », « Lately », pour ne citer qu'eux) impeccablement interprétés, et un dernier album, plus electropop, « Curio City ».

Comme à Ronquières, il y a 15 jours, Baptiste Lalieu, alias Saule, est venu pointer le bout de sa guitare pour exécuter, en rappel, « Dusty Men ». Un moment supplémentaire de folie, dont le showman anglais n'aura pas été avare.


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