Affluence des grands soirs, vendredi au BSF. Nous sommes veille de week-end,et en plus, le soleil est resplendissant. Avant la tête d'affiche du soir, voire carrément du BSF, Etienne Daho, la programmation de la Place des Palais est dosée « un peu de tout ».

Un point commun entre Lemon Straw (programmé dès 18h), Alice on the Roof et Girls in Hawaii: ils sont belges. Deux points communs entre Lemon Straw et Alice on the Roof: Dada le guitariste du groupe Suarez et Mons, la ville dont ils sont originaires.

Les outsiders du télécrochet The Voice ont définitivement plus de chance que les vainqueurs. Nouvelle preuve, Alice on the Roof, dont le parcours s'arrête en demi-finale lors de la saison 3 (2014). Mais son parcours artistique, lui, ne fait que commencer. Epaulée par Marc Pinilla et Dada (Suarez), elle n'a encore sorti qu'un EP, comprenant le fameux « Easy come easy go » et son premier album devrait sortir début 2016. En attendant, elle est à l'affiche de gros festivals: Francos de Spa, Ronquières, BSF et Pukkelpop ce soir ! En automne, elle se produira à l'AB (complet) le 20/11. Une date vient d'être rajoutée, début 2016, le Cirque royal le 28/2. Elle est toujours aussi timide Alice Dutoit (d'où son surnom On the Roof). Elle est aussi très émue de jouer devant tant de gens. Elle a mis du rose dans ses jolis cheveux blonds (c'est « tendance »). « Alice, il faut que tu donnes tout. Ce que je vis en ce moment est énorme et vous en faites partie » confie-t-elle, désarmante, au public. Sa candeur juvénile (elle à peine 20 ans) séduit la foule.

© BELGA

On ne présente plus Girls in Hawaii qui écume, cette année encore, les festivals belges. Au BSF, c'était leur dernière date de leur longue tournée. Le sextet brabançon offre un set énergique et électrique, mais on les préfère en salle, où leur rock rebondit alors qu'en plein air il semble dilué.

Place des Palais, Mont des Arts, Madeleine : trois lieux pour quelques 80 artistes ou groupes. Parfois, on s'amuse à déplacer les pions. Ainsi, on aurait bien vu Joseph d'Anvers se produire Place des Palais, avant Daho, plutôt que devant un public clairsemé, jeudi soir à la Madeleine. Une connexion, en plus: son quatrième et dernier album (« Les matins blancs » sur lequel nous reviendrons prochainement dans « La Libre »), il l'a enregistré avec les musiciens de Daho. Miossec, Dominique A ou Lescop ont écrit pour lui, le regretté Bashung hante son univers, aussi. Que du bon !

Etienne Daho, parlons-en. Si l'on ose. Au risque de se faire taxer de parti pris. Quoique. Il paraît que Daho n'aime pas trop se produire en plein air. En tout cas, ce n'est pas vendredi soir qu'il aura pu prouver à nos voisines que sa voix ne cesse de s'épanouir. Par contre, s'il devait encore démontrer qu'il est l'auteur d'un incroyable nombre de tubes, il y aura réussi. Sa setlist puise généreusement dans les dix premières années de sa carrière sans la jouer, heureusement, nostalgie années 80. Il est entouré par un groupe où l'énergie rock le dispute à la dance. « Saudade », « Week-end à Rome », « Tombé pour la France », « Epaule tatoo » et autre « Bleu comme toi » s'enchaînent à un rythme d'enfer pour le plus grand bonheur du public.