La chanteuse française et son équipe ont su chasser la pluie avec une prestation épatante.

C’est un temps bien belge qui a accompagné le premier jour du Brussels Summer Festival. Une météo maussade qui n’a pas eu l’air de déranger pour un sou la suédoise Tove Lo. Pas facile de chauffer une foule plus concentrée à empêcher la pluie de tomber dans sa bière et à enfiler des ponchos orangés sponsorisés, mais elle y parvient tout de même avec ses titres pop "Cool Girl", "Talking Body" et son méga tube "Habits".

Au tour de Chris(tine and the Queens) de s’emparer de la scène de la place des Palais aux alentours de 22h30. "Que la pluie tombe, je n’ai pas peur !", balance Héloïse Letisser qui débarque entourée de ses six danseuses et danseurs et ses quatre musiciens. Par chance, l’averse s’arrêtera pendant presque toute la durée de son concert. Vêtue d’une chemise rouge nouée en soie, elle entame son set avec le funky "Comme si on s’aimait", issu de son deuxième album Chris sorti l’année dernière.

La française de 31 ans transpire d’enthousiasme. Elle s’applique autant dans la danse que dans le chant et offre un véritable spectacle. Elle joue avec ses danseurs dans une ambiance presque enfantine mais extrêmement cadrée. Ceux-ci ne sont pas là pour remplir la scène ou faire de la figuration, Chris leur laisse même parfois les planches en se mettant sur le côté. Les très dansants "Damn, dis-moi" et "Le G" s’enchaînent et parviennent à faire dandiner un public un peu mou du genou.

© Bauweraerts Didier

Celle qui a connu le succès avec Chaleur Humaine en 2014, insiste sur l’importance de faire de ses concerts des "safe spaces", des endroits sans jugement où tout le monde peut être entièrement lui-même, où il n’y a"que de l’amour et du possible". La chanteuse de 31 ans évoque régulièrement l’identité de genres dans ses chansons et rappelle que celle-ci est mouvante. En se faisant désormais appeler Chris, l’artiste décide de ne plus être femme ou homme, mais quelque part entre les deux, quelque part hors des deux. Une androgynie traitée notamment dans la chanson "5 dollars" qu’Héloïse Letisser interprète au milieu de ses danseurs qui lui tournent tout autour.

Après "La Marcheuse", "It" et "Christine", elle remercie le public de Bruxelles, en accentuant bien le X, ce qui titillera quelques personnes du public et en profite pour confier que son concert donné à Forest National en octobre dernier fut le meilleur de toute sa tournée. Après avoir fait tomber sa chemise, elle la remettra peu longtemps après en s’exclamant : "On est quand même près du Palais Royal, faut se tenir !".

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Le décor est pour ainsi dire inexistant, outre quelques fumigènes et gerbes d’étincelles en termes d’effets. Christine and The Queens n’a pas besoin de ça. L’expressivité et la viscéralité de ses danseurs remplissent tout l’espace. Leur performance est presque théâtrale et terriblement contemporaine. Avant d’interpréter "Doesn’t Matter", la française qui a su séduire les Etats-Unis lance une petite séance de karaoké sur "Pour que tu m’aimes encore" de Céline Dion, à laquelle le public s’adonne gaiement.

Sa prestation se termine sur "Saint Claude" et "Intranquilité". Chris et son équipe ont proposé un spectacle de qualité, aiguisé, fougueux. Les cheveux trempés et les vêtements encore humides ont su se faire rapidement oublier.

© Bauweraerts Didier