Musique / Festivals La chanteuse française de 40 ans est de retour avec "OUÏ", son nouvel album studio, six ans après "Ilo Veyou". Ancré dans son époque, l'opus questionne notre rapport au monde. Au rythme du tambour qui entraîne et, surtout, rassemble.

C’était il y a 12 ans, en 2005, avec “Le fil” et son simple “La douleur”. Il y eut bien “Le sac des filles”, trois ans auparavant, mais c’est avec “Le fil”, que Camille (Dalmais) installa sa fantaisie et son audace. Deux traits qui la caractérisent toujours. Quatre albums plus tard et six ans après son dernier, “Ilo Veyou”, celle que nous considérons comme l’une des plus inventives, si pas la plus inventive, des chanteuses françaises, est de retour.

Sur son 6 e opus,“OUÏ”, sorti le 2 juin, qu’elle a déjà défendu de magistrale façon sur scène en Belgique, lors des Nuits Botanique, l’artiste de 40 ans continue sa fabuleuse exploration de la voix et des sons – elle s’est spécialisée dans les onomatopées et les allitérations du plus bel effet. En collaboration avec Maxime Le Guil et son compagnon, le génial Clément Ducol, elle s’ouvre à l’électronique (“Les loups”, une danse traditionnelle par couple qu’elle est allée dénicher au XVIe siècle pour la transposer au XXIe), au trip hop (“Sous le sable”), aussi. Elle continue d’utiliser les mots (en français sauf pour “Seeds”) comme un mantra. “Parce que la répétition libère. On pourrait penser que c’est un esclavage. Eh bien non, quand on répète vraiment, sans être assujetti à un élément extérieur, à une machine, par exemple, quand on répète organiquement quelque chose, on se libère.”