Une vingtaine d’artistes se sont clairement détachés du lot, cette année. Dont quatre musiciennes, interprètes, compositrices, touchées par la grâce.

Les femmes sont partout… En apparence du moins. Depuis l’affaire #Metoo, les médias, partis, entreprises, agences de marketing, et autres, font joliment et plus ou moins sincèrement front avec la gent féminine. On womenwash autant qu’on greenwash, aujourd’hui. À tel point qu’il devient difficile de savoir où s’arrête le progrès et où commence la simple campagne de communication. Seul le temps indiquera s’il s’agit d’une mode ou d’une réelle prise de conscience sociétale, capable de concrétiser à terme, les changements nécessaires pour aboutir à une réelle égalité des sexes à tous les niveaux de pouvoir, de décision et de création.

L’industrie musicale n’est évidemment pas épargnée par le phénomène. Les dirigeants des maisons de disques, producteurs et autres patrons de labels restent essentiellement des hommes, comme partout ailleurs. À quelques exceptions près, les têtes d’affiche des festivals sont bien souvent masculines, elles aussi, et, quand un événement comme le très réputé festival de Primavera de Barcelone concocte une affiche équitablement répartie entre les genres, cela en devient évidemment un argument marketing.

La mélancolie de Weyes Blood

Pourquoi pas, finalement, ces initiatives sont encore rares, indispensables, et doivent en inspirer d’autres. Tout comme Beyoncé, Cardi B, Lady Gaga, Billie Eilish et Rosalia doivent inciter des centaines de millions de jeunes filles à se lancer dans la musique si tel est leur désir. L’égalité sera réelle, quand tout cela n’aura plus besoin d’être souligné, vanté ni expliqué. Nous ne devrions d’ailleurs même pas en parler, aucune discrimination positive n’a été prise en compte à l’heure d’élaborer nos traditionnels classements annuels. Un constat s’est simplement imposé de lui-même : seules trois artistes se sont retrouvées dans nos deux listes, trois femmes : Lana Del Rey, FKA Twigs et Billie Eilish, qui ont littéralement écrasé la concurrence sur le plan artistique en 2019, indépendamment de toute considération sociétale ou politique.

Ajoutez-y la puissance mélancolique de Weyes Blood, la folk possédée d’Aldous Harding, la rage brute d’Amyl And The Sniffers, et le flow de Little Simz, et vous obtiendrez un aperçu de ce qui s’est fait de mieux dans pratiquement chaque genre musical au cours de l’année écoulée. Ce n’est qu’une observation, subjective, comme toute tentative de classification, mais elle est apparue comme une évidence.

Top 15 de Valentin Dauchot

FKA Twigs – Magdalene


Billie Eilish – When We All Fall Asleep, Where Do We Go ?


Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell


Aldous Harding – Designer


Amyl And The Sniffers – Amyl And The Sniffers


Nick Cave And The Bad Seeds – Ghosteen


Foals – Everything Will Be Lost Part 1


Tool – Fear Inoculum


Sharon Van Etten – Remind Me Tomorrow


Fat White Family – Serfs Up !


Underworld – Drift


Ezra Furman – Twelve Nudes


James Blake – Assume Form


Micheal Kiwanuka – Kiwanuka


Danny Brown – U Know What I’m Sayin ?


Top 15 de Louise Hermant

Weyes Blood – Titanic Rising


FKA Twigs – Magdalene


Toro Y Moi – Outer Peace


Lana Del Rey – Norman Fucking Rockwell


Tyler The Creator – Igor


Billie Eilish – When We All Fall Asleep, Where Do We Go ?


Solange – When I Get Home


PNL – Deux frères


Altin Gün – Gece


Philippe Katerine – Confessions


Sudan Archives – Athena


Blick Bassy – 1958


KOKOKO ! – Fongola



Christophe – Christophe Etc. Volume 1 et 2


Little Simz – Grey Area