Musique & Festivals Jeudi 18 août. Le soleil au zénith. Le Dour Festival fête sa post-adolescence sous un astre de plomb. Vingt-cinq années d’altérité. Vingt-cinq années de notes indé. Vingt-cinq années de célébration populaire comme on en fait nulle part ailleurs.

Nous ne sommes pas prêts d’oublier les champs de gadoue s’étendant à perte de vue de l’an dernier. Cette mélasse brunâtre infinie et cette pluie. Cette solidarité aussi, où chacun soutient son prochain dans l’adversité. Dans la chaleur ou dans l’humidité, Dour c’est l’extrémité.

Chaud, chaud…

Aujourd’hui le mercure caracole. 29° C au compteur. Ça sent l’insolation, la Croix Rouge ne va pas chômer. Et quelque 40 000 festivaliers viendront parfaire leurs coups soleil dans les allées. Nous compris. Ici, tout le monde trouve son compte. C’est l’avantage des lieux. La qualité éclectique. Les métalleux, pas excités par l’entrée, picolent tranquille en attendant l’hors-d’œuvre du côté du parking.

Mais pour les autres, le menu est délicieusement varié. Pour les fans de hip hop, il s’avère même copieux. Le gangsta-cuistot Action Bronson et le Wu Tang y tiennent le haut du pavé. Mais c’est l’ami Veence Hanao qui, le premier, croisera notre route au détour de la Boom Box. Un roublard du circuit belgo-belge qui se sera payé un joli succès d’estime. Le rappeur bruxellois semble enfin obtenir l’écho qu’il mérite. Son récent "Loweina Laurae" aura résonné auprès d’une foule épaisse pour l’heure (15 h à peine). Comme à la parade, le emcee aura fait danser les brebis et provoqué les remous initiaux. C’est le cagnard dans la plaine et la poussière vole. Mais, finalement, on respire bien mieux dans l’itinérance que sous les chapiteaux.

Chaleur des cuivres

Question de vents coulis. Pourtant c’est vers la chaleur des cuivres que nous nous dirigeons. A l’ombre de la Dance Hall, Nicole Willis balance sa soul motown avec ses géniaux Soul Investigators. Les musiciens finlandais sont venus accompagnés. Jimi Tenor, mari de madame et chef d’orchestre de ces messieurs est assis derrière les touches noires et blanches.

Un must pour faire swinger une foule friande de rythmes funky, réceptive et prête à groover, collé-serré. Le king Charles Bradley poursuivra sur cette lancée. Et quiconque apprécie de tanguer en français partira applaudir les populaires Français de Fauve. Mais nous choisirons de basculer du côté rock de la force.

Et c’est Badbadnotgood qui provoquera notre premier coup de cœur de cette édition 2013. Un instrumental trio, oscillant entre envies post-rock et délires expérimentaux. A coup de reprises effervescentes, les Canadiens vont nous donner encore plus chaud. C’était pas gagné…Nicolas Capart