Nuits Botanique, acte 3. Et c’est au Cirque que ça démarre, avec les Parisiens de Revolver. Si tout le monde ne connaît pas ce jeune trio, il est difficile d’être passé à côté de son single "Get around Town". Des Beatles aux Kinks, en passant par Elliot Smith et les Beach Boys, la cartouchière de Revolver est bardée d’influences. Sur scène, le violoncelle de Jérémie Arcache devient une véritable mitraillette rock, bousculant les compositions pop-folk du groupe. C’est frais, un rien innocent, et ça vous met un Cirque (assis) debout.

Emmanuelle Seigner, elle aussi, a de (faux ?) airs innocents. Entre le rock velvetien de ses premiers opus, et la chanson du dernier en date, "Dingue", les ambiances sont contrastées. La voix d’Emmanuelle, elle, est constante dans la fausseté. Volontairement ? Il est en tout cas évident que l’actrice ne fait pas d’effort à ce niveau-là. De quoi ajouter au côté déjà très énigmatique du personnage. Est-ce qu’on a aimé ? On est comme tous les fumeurs sur le trottoir à l’issue du set : on n’en sait trop rien. Ah, charme, quand tu agis

C’est un peu plus clair quelques minutes plus tard, avec Micky Green : la longue Australienne n’est pas seulement sexy dans sa robe bustier, elle est aussi talentueuse. Passant de la guitare à la basse, de la batterie aux machines, la chanteuse a pris un sacré galon en deux albums. L’ancien modèle sera de retour en août pour le Brussels Summer Festival. Qu’on se le dise

Coup de cœur il fut, coup de cœur il est resté. Jean-Louis Murat était en pleine forme, dimanche soir, sous un chapiteau frisquet que l’éparpillement du public ne parvint à réchauffer. Cela fait bien longtemps que l’Auvergnat n’est plus un chanteur de variétés, ayant décidé dorénavant d’aborder plus radicalement la musique. Son dernier album, "Le cours ordinaire des choses", il est allé l’enregistrer à Nashville, rien moins. Sur scène, il se paie des intros de guitare de plusieurs minutes on ne peut plus jouissives, sa voix plutôt caressante sait aussi éructer (formidable interprétation de "L’Examen de minuit", de Baudelaire-Ferré). On a même l’impression que les fidèles Denis Clavaizolle (claviers), Fred Jimenez (basse) et Stéphane Raynaud (batterie) se sont mis au diapason du "chef". Il régale de deux inédits ("Pauline à cheval" et "Yes sir"), puise l’une ou l’autre interprétation dans ses récents opus quand il ne ressort pas un improbable "Oiseau de paradis" (Polly Jean) où le bougre se relâche, plaisante et sifflote à qui mieux mieux. De version remaniée en version réactualisée, sa prestation est on ne peut plus équilibrée. Le bonheur !A.A. et M.-A.G.