L'an dernier, les États-Unis célébraient l’avènement d’Angèle et d’Aya Nakamura, deux talents émergents considérés outre-Atlantique comme des pépites à tenir à l’œil, voire des personnalités à l’influence majeure. La Belge et la Française apparaissaient dans des parutions de référence, qu’il s’agisse du New York Times, de la revue Forbes ou du magazine Time.

Rebelote cette année mais sans la Belgique. Le Time, encore lui, a désigné sa chanson de l’année et c’est Christine and the Queens qui rafle la mise avec “People I’ve Been Sad”, extrait du EP La Vita Nuova. Cette reconnaissance n’est pas nouvelle pour celle qui s’appelle Héloïse Letissier dans le civil. En 2016, Vanty Fair l’avait classée personnalité française la plus influente au monde, tandis que l’année suivante, Forbes, l’avait également rangée parmi les dix Européens de moins de 30 ans les plus influents et talentueux à l’échelle planétaire. En 2018, le Time lui avait déjà décerné le titre de “chanson de l’année” pour le morceau” Damn, dis-moi” (“Girlfriend” sur la version en anglais de l’album). Autrement dit, Christine and the Queens continue de marquer des points auprès des Américains.

La nouvelle vie en rose de Piaf

Elle n’est pas la seule à obtenir les honneurs outre-Atlantique. Edith Piaf, elle aussi, a le vent en poupe sur le Nouveau continent. Ou plutôt, devrait-on dire, à plus que jamais le vent en poupe là-bas. Grâce à la série Emily in Paris disponible sur Netflix depuis le mois dernier, ode au Paris fantasmé par les Américains, l’une des chansons les plus emblématiques de son répertoire s’est hissée au sommet d’un des classements du prestigieux Billboard. “Non, je ne regrette rien” trône sur la plus haute marche du hit-parade des titres les plus populaires figurants dans les séries télévisées. De quoi raviver la flamme née après-guerre entre la Môme et les Yankees.


À noter qu'un autre succès d'Edith Piaf pourrait aussi connaître le même destin puisqu'il figure également dans Emily in Paris, même s'il ne s'agit pas de la version originale. En effet, le personnage de Mindy Chen, interprété par Ashley Park, reprend "La vie en rose", autre perle s'il en est, extraite du répetoire de la Môme. 


Rappelons qu’avec Joséphine Baker, Edith Piaf est une des rares artistes françaises à avoir fait carrière en Amérique. Même si ses débuts y ont été difficiles, dans les années 50, c’était une vraie vedette au pays de l’oncle Sam. Elle s’est produite à plusieurs reprises sur la scène du mythique Carnegie Hall. C’est aussi à New York qu’elle a épousé Jacques Pills, un chanteur français, et qu’elle a connu un malaise sur scène en 1959.

Dalida dans les starting-blocks

Christine and the Queens et Edith Piaf pourraient bientôt être rejointes par Dalida. En effet, il apparaît qu'un titre de la chanteuse française née en Égyte figure dans la BO du très attendu nouveau James Bond, Mourir peut attendre. Il s'agit de "Dans la ville endormie", extrait de l'album Le temps des fleurs sorti en 1968. Il s'agit une composition de William Sheller initialement intitulée "My Year Is a Day" qui, chantée par le groupe Les Irrésistibles, avait été un succès mais n'avait pas connu le même sort repris par Dalida.


Manifestement, du côté d'Universal qui détient les droits de la chanson, on souhaite profiter au mieux de cette présence dans la BO du nouveau James Bond. Le morceau a été largelment distribué aux radios dans l'espoir qu'il bénéficie d'une diffusion maximale. Un 45 tours en édition limitée à 1000 exemplaires a aussi été pressé. Vu le succès de la saga James Bond avec Daniel Craig, dont ce sera la dernière apparition en 007, il y a l'espoir que la mayonnaise prenne ailleurs qu'en France. Pourquoi pas du côté d'Hollywood et donc... des États-Unis?