Musique & Festivals

"Cittá Pietrasanta", au pied du Duomo

Martine D. Mergeay

Publié le - Mis à jour le

A 225 km à l’ouest de l’Accademia de Philippe Herreweghe, une autre Toscane hisse le pavillon belge : c’est à Pietrasanta, entre Carrare et Viarreggio, à proximité de Lucca, au bord de la mer. Perchée sur la hauteur, la petite ville médiévale avait tout pour elle : l’authenticité de son architecture, des liens privilégiés avec l’effervescence artistique environnante, un "réservoir" de public, ravi de quitter un soir l’agitation des plages pour s’offrir une escapade de qualité. C’est à tout cela qu’a pensé notre compatriote Michael Guttman lorsqu’il lança son festival "Pietrasanta in Concerto". C’était en 2006, à l’occasion d’un concert donné dans une galerie d’art de la petite ville : "je sortais du festival de Yuri Bashmet, sur l’île d’Elbe, et j’avais été enthousiasmé par la formule : Bashmet était là, proche des musiciens et du public, intimement mêlé à l’accueil, à l’organisation, jouant, dirigeant, présentant les concerts, à la fois cheville ouvrière et maître d’œuvre du festival; impulsivement, j’ai proposé à l’échevin de la culture de Pietrasanta de faire la même chose. Je n’avais pas le premier franc, j’ai bluffé, ça a marché " L’été suivant, grâce à l’aide du groupe LCF Rothschild (qui y vit un pendant estival des "Sommets musicaux" de Gstaad), le festival était lancé. "Pour cette troisième édition, où je ne dois déjà plus transporter les chaises ni coller les affiches, j’ai aussi les moyens d’attirer en résidence des artistes magnifiques, séduits non pas par des cachets mirobolants (ce ne sera jamais le cas) mais par un contexte d’amitié et de beauté." (Musicien d’une tout autre veine, Philippe Herreweghe ne dit pas autre chose, cela doit procéder de la passion profonde et ancestrale des Belges pour l’Italie )

Parmi les coups de cœur de Michael Guttman, figure un tandem aussi fécond qu’inclassable : le compositeur Chris Christoffels et le plasticien José Roland; lesquels ont imaginé une œuvre sur mesure, "Città Pietrasanta", mêlant une installation lumineuse, s’élevant sur une face de la tour de Pietrasanta (José Roland), et un "divertimento" pour violon solo, cordes et vents, de Chris Christoffels. Nous avons suivi la première répétition de cette pièce, avec le Brussels Chamber Orchestra (extraordinaire ensemble de jeunes internationaux) et l’infatigable Michael Guttman à la direction et au violon solo : sur un rythme entraînant - mais troublant - de 5/4, cette partition joyeuse, colorée, à la fois accessible et raffinée, serait la cousine musicale d’un court métrage des années 50. A l’italienne, bien sûr, avec un départ hoquetant de vieille Fiat, un klaxonnant périple jusqu’à la grande bleue, une promenade en barque, bercée par les vagues, un coucher de soleil sentimental Dégrossie en une heure par des musiciens de premier plan, bientôt transformée en flash festif et délicieusement nostalgique, cette pièce sera créée lundi prochain, sur la Piazza del Duomo, au cours d’un concert gratuit où l’on entendra encore Vivaldi (avec le flûtiste Jean-Louis Baumadier), Haydn, Mozart, Dvorak et Piazzolla.

Pietrasanta in Concerto s’ouvre ce vendredi 24 juillet avec Gavriel Lipkind et le Brussels Chamber Orchestra, avec lequel le violoncelliste entretient un authentique lien chambriste (comme nous l’avons découvert en cette même séance de répétition). Avec encore Boris Berezovski, Polina Leschenko, Tatjana Vassiljeva, Itamar Golan, le Quatuor Arriaga (qui fête ses trente ans cette année), le Belgian Brass, Sergei Krilov, Martha Argerich et Nelson Freire. Autant d’artistes liés, peu ou prou, à la Belgique

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous