Musique / Festivals Hakola et Tchaïkovski par l’Américain Luke Hsu, en présence du Roi et de la Reine.

Ambiance des grands soirs, Bozar bondé, présence des souverains et vibrante Brabançonne. C’était déjà un bon début. Il appartient ensuite à Luke Hsu, américain natif de Shanghai et âgé de 29 ans, de créer l’œuvre imposée, Fidl du compositeur finlandais Kimmo Hakola.

Après l’éclatante fanfare d’ouverture, le jeune violoniste se lance avec détermination dans les premiers traits solo, attestant déjà une belle appropriation du texte, on est dans la partie maestoso de l’affaire, suivront des épisodes très caractérisés, frénétiques, lyriques, planant - avec une céleste mélodie en harmoniques - chacune menée en dialogue vif et serré avec l’Orchestre national de Belgique et son chef Hugh Wolff. Longue cadence hérissée de terribles sauts d’intervalles avant une nouvelle suite de péripéties dans lesquelles Luke jettera toutes ses forces (et l’orchestre de même…). Euphorie générale, sur scène et dans la salle.


Énergie maîtrisée

Après pareil déchaînement, le concerto de Tchaïkovski - pour lequel le soliste aura tombé la veste - rappellera combien le compositeur russe se sentait proche de Mozart… Mais l’impression d’accalmie fut de courte durée et c’est à nouveau sur le mode déchaîné que reprirent les opérations. Luke Hsu est un violoniste assuré et engagé ; jouant un magnifique (petit) Gagliano, il déploie des sonorités puissantes et brillantes et cet allegro initial révélera que sa manière est de se donner à fond, de prendre tous les risques, sans réserve, sans distance - n’était une cadence idéalement "posée" - et de triompher de tout. Heureux contraste, la Canzonetta - joliment accompagnée par les bois de l’orchestre - le verra évoluer avec simplicité dans un lyrisme prenant et doux, avant un finale impressionnant autant par l’énergie que par la maîtrise déployées. Pas vraiment de trouvaille ni de surprise, dans cet allegro final, mais un feu, un courage et une générosité extraordinaires, et une joie communicative, qui lui valut une longue ovation.