Musique / Festivals

Dans Hakola comme dans Beethoven, la jeune Hongroise, n’a (presque) pas désarmé.

De nationalité hongroise, l’élégante Júlia Pusker a 28 ans. Formée à l’Académie Franz Liszt à Budapest, à la Royal Academy of Music, à Londres, elle se perfectionne aujourd’hui avec Augustin Dumay, à La Chapelle Musicale. Le choix de Beethoven ne manque pas d’audace, mais avec pareil mentor, il peut s’avérer payant. Mais place à Hakola : après la « fanfare » d’ouverture de Fidl, la première intervention solo - une série de traits serrés accompagnés par les cordes graves de l’orchestre- installe un climat dramatique et tendu, les sonorités sont puissantes mais parfois ingrates. Peu de lumière, pas de sourire. La suite s’inscrira dans la même veine, harmoniques très sûres, mélodies retenues, parfois délibérément brisées. Les passages dansants (généralement source de bonne humeur) et, bien sûr, la cadence, seront abordés par le versant burlesque, grinçant... Léger abandon dans l’irrésistible passage « départ vers la haute mer » et, divine surprise, danse finale effrénée et pleine d’humour. Une vraie fille de Bartók.


Regarder Júlia Pusker durant la longue introduction orchestrale du concerto de Beethoven est un bonheur, c’est déjà de la musique... Lorsqu’elle joue, la musicienne ne dégage pourtant pas la même impression : son approche est impérieuse, pour ne pas dire brutale, ses phrasés sont objectifs, et la souplesse pas plus que la douceur ne semblent faire partie de son registre expressif. Sauf en de rares moments, où un soudain abandon et l’ouverture et la lumière qu’il entraîne s’assortissent aussi de ralentissements désarmés (récupérés avec tact par Hugh Wolf). Quant à la cadence, elle sembla là pour permettre de vérifier tous les aspects déjà évoqués. Le plus étonnant étant le retour de l’orchestre et la reprise du thème initial sur le mode lunaire et désolé. A considérer comme une option artistique (Gould au violon) poursuivie d’ailleurs dans l’Adagio, étrange de bout en bout - ou inaugural, c’est selon - et le Finale, où un peu de détente aurait pu faire merveille, y compris sur la justesse.